Passer au contenu

Le temple de la récupération sportive en France 🇫🇷

Français
  • Français

Que cherchez-vous ?

Recherches populaires :

Produits populaires


  • 〡
  • 〡 par Louis Brunet
Pomme de douche sombre vue de près, jet d'eau froide en fines gouttelettes éclairé par une lumière rasante
Froid et chaleur

Douche froide :
bienfaits prouvés, dangers réels, protocole progressif

En bref : la douche froide a un effet documenté, mais plus étroit que ce qu'on lui prête. Le seul essai de grande taille, mené par Buijze sur 3 018 adultes en 2016, a montré une baisse de 29 pour cent de l'absentéisme déclaré pour maladie après 30 jours de douche froide quotidienne de 30 à 90 secondes, sans aucune baisse du nombre de jours de maladie. L'effet sur l'humeur et la vigilance dans l'heure qui suit est réel et retrouvé dans plusieurs travaux. En revanche, la douche froide ne fait pas maigrir, ne remplace pas un bain froid pour la récupération musculaire, et ne renforce pas l'immunité au sens où on l'entend. Le protocole documenté tient en une phrase : 20 degrés, 30 secondes à 3 minutes, en fin de douche, après une montée progressive sur 3 à 4 semaines. Les contre-indications cardiaques sont sérieuses et la réponse au choc froid des premières secondes est le vrai danger.

Ce que dit la recherche

  • Buijze 2016, 3 018 participants : absentéisme déclaré pour maladie en baisse de 29 pour cent, mais nombre de jours de maladie inchangé. 79 pour cent des participants ont tenu les 30 jours.
  • Buijze 2016 encore : 30, 60 et 90 secondes donnent le même résultat. Allonger la douche n'améliore pas l'effet mesuré.
  • Yankouskaya 2023 : après 5 minutes d'exposition au froid, l'affect positif monte et l'affect négatif baisse, avec des modifications visibles en imagerie cérébrale. Petit effectif, mesure unique.
  • Machado 2016 : les effets sur les courbatures reposent sur une immersion à 10 à 15 degrés pendant 10 à 15 minutes, une dose qu'une douche n'atteint pas.
  • Tipton 2017 : la réponse au choc froid des premières secondes est le mécanisme central des accidents liés à l'eau froide, bien avant l'hypothermie.
3 018
participants du seul grand essai sur la douche froide
29 %
de baisse de l'absentéisme déclaré
20 °C
température du protocole publié
2 à 3 min
durée cible après adaptation

Ce qui se passe vraiment dans les 60 premières secondes

Au contact de l'eau froide, les nombreux récepteurs sensibles au froid présents à la surface du corps envoient une décharge nerveuse importante vers le cerveau. La réaction est immédiate et stéréotypée : inspiration réflexe difficile à contrôler, hyperventilation, hausse de la fréquence cardiaque, augmentation de la pression artérielle et vasoconstriction périphérique. Les physiologistes parlent de réponse au choc froid. Elle atteint son maximum durant les 30 premières secondes avant de diminuer progressivement.

Michael Tipton et son équipe, à l'université de Portsmouth, ont analysé l'ensemble des connaissances disponibles dans un article dont le titre résume la problématique : l'eau froide tue ou soigne selon les circonstances. Selon eux, c'est surtout la réaction initiale, plutôt que le refroidissement en lui-même, qui explique la majorité des accidents graves associés à l'immersion. Sous une douche, le risque n'a évidemment rien à voir avec une chute dans un lac glacé, mais le mécanisme reste identique et montre pourquoi une progression graduelle compte davantage que la température affichée.

Parallèlement, l'exposition stimule le système nerveux sympathique et entraîne une hausse de la libération de noradrénaline, y compris au niveau central. Ce mécanisme est notamment utilisé pour expliquer la sensation de vigilance et d'énergie ressentie après une douche froide. Cette réponse est bien établie sur le plan physiologique. En revanche, le passage de cette réaction à un bénéfice durable pour la santé est beaucoup moins documenté.

La règle pratique qui découle de tout cela : ce sont les 30 premières secondes qui demandent de la technique, pas les deux minutes suivantes. Respirez par le nez, allongez l'expiration, commencez par les jambes. Si votre respiration se cale, la suite est facile.

Les bienfaits de la douche froide classés par niveau de preuve

La majorité des contenus consacrés à ce sujet énumèrent dix bienfaits sans différencier les résultats issus d'un essai randomisé, ceux provenant d'une étude observationnelle et ceux qui relèvent d'une hypothèse. Nous reprenons le même inventaire en le classant selon ce que les données permettent réellement de conclure.

Bienfait annoncé Niveau de preuve Ce que montrent les données
Baisse de l'absentéisme pour maladie Solide Buijze 2016, essai randomisé sur 3 018 adultes : moins 29 pour cent d'absentéisme déclaré, mais aucun effet sur le nombre de jours de maladie
Amélioration de l'humeur et de la vigilance à court terme Solide Yankouskaya 2023 et plusieurs travaux convergents : affect positif en hausse dans l'heure qui suit l'exposition
Tolérance à l'inconfort, habituation au froid Solide Søberg 2021 : réponse thermogénique nettement modifiée chez des pratiquants réguliers du froid
Meilleure sensibilité à l'insuline, effet métabolique Plausible Esperland 2022, revue de 104 études : signal favorable mais petits groupes, protocoles hétérogènes, sujet encore débattu
Effet sur l'humeur au long cours, anxiété, dépression Plausible Shevchuk 2008 propose un protocole et un mécanisme, mais il s'agit d'une hypothèse testée sur un nombre de personnes statistiquement insuffisant
Récupération musculaire après l'effort Non transposable Les données favorables portent sur l'immersion à 10 à 15 degrés pendant 10 à 15 minutes, pas sur une douche
Renforcement de l'immunité Non démontré Le seul marqueur mesuré par Buijze est l'absentéisme déclaré, qui n'est pas un marqueur immunitaire
Perte de poids Non démontré Aucun essai ne mesure de perte de masse grasse attribuable à la douche froide

L'essai de Buijze, et pourquoi son résultat est plus nuancé qu'il n'y paraît

Il s'agit de la donnée la plus solide actuellement disponible sur la douche froide, et elle mérite d'être examinée dans son ensemble. Aux Pays-Bas, Geert Buijze et son équipe ont réparti aléatoirement 3 018 adultes âgés de 18 à 65 ans, sans habitude du froid, dans quatre groupes : douche chaude suivie de 30, 60 ou 90 secondes d'eau froide, ou douche chaude habituelle. La pratique a duré trente jours consécutifs, puis soixante jours en pratique libre.

Le principal résultat est une diminution de 29 pour cent du taux d'absentéisme déclaré pour maladie dans les groupes exposés au froid, avec un rapport de taux d'incidence de 0,71. Le résultat secondaire, souvent laissé de côté, est l'absence de différence significative concernant le nombre de jours de maladie. Les participants ont donc été malades aussi souvent, mais ont moins cessé leur activité. Il s'agit d'un résultat lié à la tolérance et au rapport à l'inconfort, pas d'une preuve concernant l'immunité. Les auteurs ne tirent pas une autre conclusion.

Deux éléments supplémentaires méritent d'être retenus. Aucun effet indésirable grave n'a été signalé, ce qui apporte un élément rassurant concernant la sécurité de la pratique chez l'adulte sain. Par ailleurs, 79 pour cent des participants ont terminé les trente jours, ce qui montre une pratique plus facile à maintenir qu'un bain froid quotidien.

L'humeur : l'effet le plus fiable, mais à court terme

À l'université de Bournemouth, Ana Yankouskaya et ses collègues ont comparé l'imagerie cérébrale fonctionnelle avant et après cinq minutes d'exposition au froid, avec la tête maintenue hors de l'eau. Après l'exposition, l'affect positif augmente, avec davantage de sensation d'activité, de vigilance, d'attention et d'inspiration, tandis que l'affect négatif diminue, avec moins de détresse et de nervosité. Ces deux évolutions sont indépendantes. Les auteurs rapportent également une interaction accrue entre plusieurs grands réseaux cérébraux.

Il faut toutefois rester prudent : l'effectif est réduit et la mesure ne porte que sur un instant donné. Les données actuelles ne permettent pas de passer d'un effet immédiat sur l'humeur à un traitement de l'anxiété ou de la dépression. La proposition de Nikolai Shevchuk, publiée en 2008, reste clairement présentée comme une hypothèse, l'auteur précisant lui-même que le test pratique concernait un nombre de personnes statistiquement non significatif.

Douche froide ou bain froid : la question de la dose

C'est le point qui ressort de l'ensemble des données et qui est rarement expliqué. Une douche froide et un bain froid n'apportent pas la même dose de froid. Ils ne peuvent donc pas produire exactement les mêmes effets, et appliquer les résultats de l'un à l'autre est trompeur.

La méta-analyse menée par Aryane Machado et son équipe en 2016 reste une référence concernant la dose. En analysant neuf essais randomisés, elle met en évidence une relation dose réponse nette : l'effet sur les courbatures est le plus marqué entre 10 et 15 degrés, avec 10 à 15 minutes d'immersion. Une douche à 18 ou 20 degrés durant une minute est très éloignée de ce protocole sur les trois paramètres déterminants : température, durée et surface corporelle exposée.

Ce pour quoi la douche froide est adaptée

Pour gagner en vigilance et améliorer l'humeur en début de journée. Pour vous habituer progressivement au froid avant de passer au bain. Pour vous rafraîchir après une séance réalisée dans la chaleur. Pour disposer d'une pratique quotidienne simple, peu coûteuse et sans installation particulière. Pour terminer une douche chaude sans modifier l'organisation habituelle du matin.

Ce pour quoi elle ne suffit pas

Pour diminuer la température des tissus profonds. Pour limiter les courbatures après une compétition ou une séance particulièrement exigeante. Pour gérer une charge d'entraînement accumulée sur plusieurs jours. Pour reproduire les protocoles publiés sur l'immersion, qui demandent une immersion du corps entier, une eau à 10 à 15 degrés et au moins 10 minutes.

Si vous cherchez à récupérer après un effort difficile, privilégiez l'immersion en suivant le protocole détaillé dans notre article sur la température et la durée d'un bain froid. Pour une routine quotidienne facile à maintenir, la douche suffit et le bain apporte une exposition excessive.

Le protocole progressif sur 4 semaines

Le protocole présenté reprend les paramètres publiés : 20 degrés, une progression graduelle afin d'atténuer la réponse au choc froid et une durée cible de 2 à 3 minutes. La progression sur quatre semaines ne sert pas uniquement à améliorer le confort. Elle diminue l'intensité de la réaction initiale et favorise une pratique que vous pouvez maintenir plutôt qu'abandonner après cinq jours.

1
Semaine 1 : 15 à 30 secondes, jambes uniquement
Commencez par votre douche chaude habituelle. Juste avant de sortir, réduisez la température et faites passer le jet sur les mollets puis sur les cuisses durant 15 à 30 secondes. Respirez par le nez avec une expiration prolongée. Gardez le buste et la tête à l'écart du jet. Cette première semaine ne vise pas la performance, mais l'apprentissage d'une respiration qui reste maîtrisée.
2
Semaine 2 : 45 à 60 secondes, corps entier sauf la tête
Passez ensuite à 45 ou 60 secondes et progressez des jambes vers le bas du dos, puis vers la nuque et les épaules. Durant les premières secondes, gardez la tête hors du jet. Cette durée correspond à celle évaluée dans l'essai de Buijze et elle suffit déjà à la majorité des personnes.
3
Semaine 3 : 90 secondes et baisse de la température
Atteignez 90 secondes et descendez vers 17 à 18 degrés si votre installation le permet. Retenez un indicateur simple : un frisson violent et incontrôlable signifie que l'exposition est excessive. Arrêtez alors et séchez-vous. Un inconfort net accompagné d'une respiration calme reste, lui, normal.
4
Semaine 4 : 2 à 3 minutes, le palier à tenir
Maintenez ensuite une durée de 2 à 3 minutes autour de 20 degrés, une à deux fois par jour selon votre organisation. Cette durée correspond au protocole publié par Shevchuk. Au-delà de 3 minutes, vous quittez le cadre documenté sans bénéfice identifié et vous augmentez surtout l'inconfort susceptible de vous faire arrêter.
5
Le réchauffement, la partie que tout le monde néglige
Séchez-vous rapidement, habillez-vous puis restez en mouvement pendant 5 à 10 minutes : marche, rangement ou quelques mouvements articulaires. La température continue de diminuer après la sortie, ce qui explique pourquoi la sensation de froid peut apparaître avec un décalage. Une boisson chaude seule ne permet pas de faire remonter suffisamment la température centrale.
Ne cherchez pas à transformer la douche froide en épreuve. Les 30, 60 et 90 secondes testées par Buijze ont donné exactement le même résultat. Rien dans les données ne suggère qu'une douche de dix minutes apporte davantage qu'une douche d'une minute, et beaucoup suggère qu'elle sera abandonnée plus vite.

Douche froide et musculation : le seul vrai arbitrage

C'est ici que nous nous écartons d'une partie du discours commercial autour du froid, y compris celui de notre propre gamme. Si votre objectif pendant la séance est de développer votre masse musculaire ou votre force, l'application du froid immédiatement après n'est pas adaptée.

Llion Roberts et ses collègues ont observé 21 hommes actifs pendant douze semaines de musculation. Après chaque séance, les participants réalisaient soit dix minutes d'immersion froide, soit une récupération active. Les gains de force et de masse ont été supérieurs dans le groupe récupération active : travail isocinétique en hausse de 19 pour cent, surface des fibres de type II en hausse de 17 pour cent et nombre de noyaux par fibre en hausse de 26 pour cent, uniquement dans le groupe actif. En 2019, Jackson Fyfe et son équipe ont retrouvé la même tendance après sept semaines : force identique entre les groupes, mais surface des fibres de type II réduite dans le groupe froid et signalisation anabolique diminuée à une heure et à 48 heures.

Ces deux études concernent l'immersion et non la douche. Comme la dose apportée par une douche est nettement plus faible, l'effet négatif est probablement plus limité. La tendance reste toutefois suffisamment nette pour appliquer une règle pratique : éloignez le froid de la séance de musculation d'au moins 4 à 6 heures, ou réservez-le aux jours où votre objectif n'est pas de construire du muscle. Après une compétition, un effort d'endurance très intense ou une période où vous cherchez à enchaîner les séances plutôt qu'à progresser, le froid présente en revanche un intérêt. Le détail de cet arbitrage est présenté dans notre article sur les bienfaits réels et les limites du bain froid.

Situation Douche froide Pourquoi
Au réveil, jour ordinaire Oui Effet sur la vigilance et l'humeur, aucune interférence avec l'entraînement
Juste après une séance de musculation À éviter Le froid post-séance freine une partie des adaptations, effet démontré sur l'immersion
Après une sortie longue ou un effort en chaleur Oui Aide au retour à une température confortable et au confort général
Le soir, moins de 2 heures avant le coucher Prudence L'effet sur la vigilance peut retarder l'endormissement chez les personnes sensibles
En période de forte charge, plusieurs jours d'affilée Oui Sur une phase où l'enjeu est d'enchaîner, le confort prime sur l'adaptation
Sur une blessure aiguë, en remplacement d'un avis médical Non Une douleur qui persiste se fait évaluer, elle ne se traite pas au jet d'eau froide

Dangers réels et contre-indications

La douche froide ne convient pas de la même façon à tout le monde, et les contenus qui la décrivent comme un simple geste de bien-être sans réserve négligent cette question. Beat Knechtle et ses collègues, dans leur revue consacrée à la nage en eau froide, sont clairs : les bénéfices sont observés chez des pratiquants expérimentés, en bonne santé, exposés au froid de façon régulière et progressive. Les accidents concernent surtout les personnes non habituées, en raison de la réaction neurogène initiale au choc froid.

Avis médical préalable
Pathologie cardiovasculaire
Coronaropathie, arythmie, hypertension mal contrôlée
L'augmentation rapide de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle durant les premières secondes représente une sollicitation réelle. Si vous envisagez une exposition volontaire au froid, parlez-en à votre médecin, y compris lorsqu'il s'agit d'une douche brève.
Contre-indication
Maladie de Raynaud
Doigts, orteils, extrémités
Le froid provoque précisément le phénomène vasospastique impliqué dans ces crises. Une exposition volontaire peut donc les aggraver au lieu de les éviter. La conduite à tenir est simple : pas de douche froide et protection des extrémités au quotidien.
Prudence
Urticaire au froid
Peau, réaction généralisée possible
Une réaction cutanée étendue provoquée par une exposition au froid ne correspond pas à une simple irritation. Elle peut également devenir généralisée. Si des plaques sont déjà apparues après un bain froid ou une baignade, consultez un médecin avant de reprendre ce type d'exposition.
Prudence
Grossesse, pathologie en cours, âge avancé
Situations à arbitrage individuel
Les données solides concernant ces populations et la douche froide manquent, ce qui ne permet pas de conclure à une dangerosité, mais pas non plus de formuler une recommandation. La décision doit être prise avec le médecin qui assure votre suivi, et non à partir d'un article de blog.
Une règle de sécurité absolue, valable même sous la douche : ne restez jamais seul dans une situation où une perte de connaissance vous mettrait en danger, et ne combinez jamais exposition au froid et alcool. En bassin, en lac ou en mer, les consignes sont plus strictes encore et la réponse au choc froid explique la majorité des noyades rapides chez des nageurs pourtant compétents.

Ce qui n'est pas démontré

La douche froide renforce le système immunitaire
C'est l'interprétation la plus courante de l'essai de Buijze, mais elle va au-delà de ce que l'étude a réellement évalué. Le critère utilisé est l'absentéisme déclaré pour maladie, donc un comportement et non un indicateur immunologique. Le nombre de jours de maladie n'a, lui, pas changé. Aucun marqueur immunitaire n'a été mesuré dans cet essai.
La douche froide fait brûler des calories et aide à maigrir
En 2021, Susanna Søberg a bien décrit une thermogenèse induite par le froid plus importante chez des nageurs hivernaux expérimentés, qui associent des immersions courtes au sauna deux à trois fois par semaine. Cette étude décrit un mécanisme observé chez des sujets fortement exposés. Elle ne mesure aucune diminution de la masse grasse et ne concerne pas la douche.
Une douche froide après la séance accélère la récupération musculaire
Les effets sur les courbatures proviennent d'essais utilisant une immersion à 10 à 15 degrés durant 10 à 15 minutes. La méta-analyse de Hohenauer publiée en 2015 apporte une précision rarement citée : ces méthodes diminuent la douleur ressentie, mais ne changent aucune mesure objective de récupération sur 96 heures. Appliquer ces résultats à une douche constitue donc une double extrapolation.
Si ça fait du bien, c'est que ça marche
James Broatch a étudié directement cette question en 2014. Trente hommes ont réalisé quatre sprints, puis quinze minutes d'immersion froide à 10,3 degrés, ou une immersion tiède à 34,7 degrés présentée comme une méthode de récupération efficace. Après 48 heures, l'immersion tiède placebo produit le même résultat que le bain froid sur la force maximale volontaire. Une partie de l'effet perçu semble donc liée aux attentes.

Cela ne signifie pas que la douche froide ne sert à rien. Elle peut être utilisée pour ce qu'elle produit réellement : une routine courte et facile à maintenir, qui agit sur la vigilance et sur la manière de gérer l'inconfort, avec une sécurité correcte chez l'adulte sain. Ce cadre suffit sans lui attribuer des effets que les données ne confirment pas. Pour une vision globale des méthodes de récupération et du niveau de preuve associé à chacune, notre guide de la récupération musculaire replace chaque méthode dans son contexte.

Intégrer la douche froide dans une semaine d'entraînement

La question concrète n'est pas de déterminer si la douche froide est bonne en général, mais de savoir comment l'intégrer dans une semaine où vous vous entraînez quatre à six fois. Voici une organisation qui respecte l'arbitrage présenté plus haut sans compliquer inutilement votre routine.

Le matin au réveil, quel que soit le jour, reste le créneau le plus simple et celui qui correspond le mieux à l'effet recherché sur la vigilance. Comme la séance n'a pas encore commencé, aucune adaptation liée à l'entraînement n'est perturbée. Trente à quatre-vingt-dix secondes en fin de douche suffisent.

Après une séance de musculation, laissez passer plusieurs heures. Si vous vous entraînez le soir et souhaitez conserver votre douche froide, faites-la plutôt le lendemain matin. Si votre séance a lieu le matin, la douche froide prise au réveil, avant l'entraînement, ne pose pas de problème.

Après une sortie longue, un entraînement réalisé dans la chaleur ou une compétition, la douche froide trouve ici une place cohérente, notamment pour retrouver une température confortable. Si l'effort a été très intense et que vous cherchez à agir sur les courbatures, choisissez plutôt un bain froid. Les jambes lourdes du lendemain répondent d'ailleurs à une autre logique, présentée dans notre article sur les jambes lourdes après le sport.

Le soir avant le coucher, faites vos propres essais. L'activation sympathique peut retarder l'endormissement chez certaines personnes, tandis qu'une douche tiède prise une heure avant le coucher favorise plutôt la baisse de température centrale associée à l'endormissement. Si votre sommeil se dégrade, commencez par retirer la douche froide du soir avant de chercher une autre cause.

La régularité mérite enfin d'être considérée. Dans les travaux de Søberg comme dans la revue d'Esperland, les adaptations observées chez les pratiquants sont associées à une exposition répétée sur plusieurs mois. Une semaine de douches froides suivie de trois semaines sans pratique ne produit rien de plus qu'une semaine d'inconfort. Trente secondes chaque jour sont plus cohérentes que cinq minutes une fois par quinzaine.

Passer de la douche au bain froid

Sélectionnés, testés et approuvés par notre équipe.

Voir la gamme cryothérapie et bains froids
TS
Équipe TheShapebox
Récupération sportive et performance physique
Nous produisons des contenus de récupération sportive appuyés sur des sources scientifiques vérifiées une par une, avec leur identifiant PubMed et leur DOI. Nos accessoires de récupération sont sélectionnés, testés et approuvés par notre équipe. Cet article a une vocation informative et n'a pas valeur d'avis médical : en cas de pathologie cardiovasculaire, de maladie de Raynaud ou de douleur persistante, demandez l'avis d'un professionnel de santé.

Sources scientifiques

  1. Buijze GA, Sierevelt IN, van der Heijden BC, Dijkgraaf MG, Frings-Dresen MH. The Effect of Cold Showering on Health and Work: A Randomized Controlled Trial. PLoS One. 2016;11(9):e0161749. PMID 27631616. doi:10.1371/journal.pone.0161749
  2. Shevchuk NA. Adapted cold shower as a potential treatment for depression. Med Hypotheses. 2008;70(5):995-1001. PMID 17993252. doi:10.1016/j.mehy.2007.04.052
  3. Tipton MJ, Collier N, Massey H, Corbett J, Harper M. Cold water immersion: kill or cure? Exp Physiol. 2017;102(11):1335-1355. PMID 28833689. doi:10.1113/EP086283
  4. Knechtle B, Waskiewicz Z, Sousa CV, Hill L, Nikolaidis PT. Cold Water Swimming: Benefits and Risks: A Narrative Review. Int J Environ Res Public Health. 2020;17(23):8984. PMID 33276648. doi:10.3390/ijerph17238984
  5. Yankouskaya A, Williamson R, Stacey C, Totman JJ, Massey H. Short-Term Head-Out Whole-Body Cold-Water Immersion Facilitates Positive Affect and Increases Interaction between Large-Scale Brain Networks. Biology (Basel). 2023;12(2):211. PMID 36829490. doi:10.3390/biology12020211
  6. Søberg S, Löfgren J, Philipsen FE, Jensen M, Hansen AE, Ahrens E, et al. Altered brown fat thermoregulation and enhanced cold-induced thermogenesis in young, healthy, winter-swimming men. Cell Rep Med. 2021;2(10):100408. PMID 34755128. doi:10.1016/j.xcrm.2021.100408
  7. Esperland D, de Weerd L, Mercer JB. Health effects of voluntary exposure to cold water: a continuing subject of debate. Int J Circumpolar Health. 2022;81(1):2111789. PMID 36137565. doi:10.1080/22423982.2022.2111789
  8. Machado AF, Ferreira PH, Micheletti JK, de Almeida AC, Lemes IR, et al. Can Water Temperature and Immersion Time Influence the Effect of Cold Water Immersion on Muscle Soreness? A Systematic Review and Meta-Analysis. Sports Med. 2016;46(4):503-514. PMID 26581833. doi:10.1007/s40279-015-0431-7
  9. Hohenauer E, Taeymans J, Baeyens JP, Clarys P, Clijsen R. The Effect of Post-Exercise Cryotherapy on Recovery Characteristics: A Systematic Review and Meta-Analysis. PLoS One. 2015;10(9):e0139028. PMID 26413718. doi:10.1371/journal.pone.0139028
  10. Broatch JR, Petersen A, Bishop DJ. Postexercise cold water immersion benefits are not greater than the placebo effect. Med Sci Sports Exerc. 2014;46(11):2139-2147. PMID 24674975. doi:10.1249/MSS.0000000000000348
  11. Roberts LA, Raastad T, Markworth JF, et al. Post-exercise cold water immersion attenuates acute anabolic signalling and long-term adaptations in muscle to strength training. J Physiol. 2015;593(18):4285-4301. PMID 26174323. doi:10.1113/JP270570
  12. Fyfe JJ, Broatch JR, Trewin AJ, Hanson ED, Argus CK, Garnham AP, et al. Cold water immersion attenuates anabolic signaling and skeletal muscle fiber hypertrophy, but not strength gain, following whole-body resistance training. J Appl Physiol. 2019;127(5):1403-1418. PMID 31513450. doi:10.1152/japplphysiol.00127.2019

Questions fréquentes

Est-il bon de prendre une douche froide tous les jours ?
Chez un adulte en bonne santé, oui. L'essai de Buijze a suivi 3 018 personnes terminant leur douche par 30, 60 ou 90 secondes d'eau froide durant 30 jours consécutifs, sans effet indésirable grave signalé, et 79 pour cent ont terminé l'étude. Une pratique quotidienne ne pose donc pas de problème particulier dans cette population. Rien ne montre toutefois qu'une dose supérieure apporte davantage, tandis qu'une maladie cardiovasculaire ou une maladie de Raynaud modifie complètement l'arbitrage.
Quels sont les inconvénients de la douche froide ?
Le premier risque vient de la réponse au choc froid durant les premières secondes : la fréquence cardiaque et la pression artérielle augmentent et la respiration s'accélère fortement. Chez une personne présentant une fragilité cardiaque, cette réaction peut constituer un risque réel. S'ajoutent ensuite l'inconfort susceptible de faire arrêter la pratique, l'aggravation des crises en cas de maladie de Raynaud et, chez le pratiquant de musculation, un effet potentiellement défavorable lorsque le froid est appliqué immédiatement après la séance.
Douche froide ou douche chaude après le sport ?
Tout dépend du but recherché après la séance. Après un effort d'endurance très intense ou une compétition, le froid peut améliorer le confort le lendemain. Après une séance de musculation destinée à développer la masse musculaire, la chaleur ou l'absence d'intervention sont des options plus adaptées : les travaux de Roberts en 2015 et de Fyfe en 2019 montrent que le froid appliqué immédiatement après réduit certaines adaptations. En dehors du sport, choisir la température de la douche relève surtout du confort.
Combien de temps doit durer une douche froide ?
Comptez entre 30 secondes et 3 minutes selon votre adaptation. Les durées de 30, 60 et 90 secondes étudiées par Buijze ont produit le même résultat, ce qui indique qu'une durée supérieure n'augmente pas automatiquement l'effet. En 2008, le protocole publié par Shevchuk atteint 2 ou 3 minutes autour de 20 degrés, après une adaptation progressive. Au-delà de 3 minutes, vous sortez du cadre documenté sans bénéfice identifié.
La douche froide fait-elle maigrir ?
Aucune étude ne démontre une perte de poids provoquée par la douche froide. Le travail de Søberg publié en 2021 montre une thermogenèse induite par le froid plus importante chez des nageurs hivernaux, mais il décrit un mécanisme chez des pratiquants exposés plusieurs fois par semaine à de l'eau glacée. Il ne mesure pas une perte de masse grasse et ne concerne pas davantage les personnes qui prennent une douche froide durant une minute.
La douche froide remplace-t-elle un bain froid ?
Non, car la dose de froid reçue diffère. Les effets sur les courbatures rapportés par Machado en 2016 reposent sur une immersion du corps dans une eau à 10 à 15 degrés durant 10 à 15 minutes. Une douche à 18 ou 20 degrés pendant une minute ne couvre qu'une partie de la surface corporelle et réduit très peu la température des tissus profonds. La douche sert surtout à l'habituation, tandis que le bain constitue un outil de récupération.

Ajouter une note à votre commande
Code promo