Passer au contenu

Le temple de la récupération sportive en France 🇫🇷

Français
  • Français

Que cherchez-vous ?

Recherches populaires :

Produits populaires


  • 〡
  • 〡 par Louis Brunet
Intérieur sombre d'une cabine de sauna en bois avec un seau et une louche posés sur le banc, pierres chaudes en arrière-plan
Thermothérapie · 16 sources vérifiées

Sauna infrarouge ou traditionnel :
lequel choisir pour récupérer

En bref : le sauna infrarouge et le sauna traditionnel ne sont pas deux versions du même outil, ils délivrent deux doses de chaleur différentes. Le sauna traditionnel chauffe l'air à 80 ou 100 degrés et c'est le seul dont un essai a mesuré un gain de performance en endurance, avec un temps limite de course allongé de 32 pour cent après trois semaines chez six coureurs (Scoon 2007), ainsi qu'une expansion du volume plasmatique de 17,8 pour cent dès la quatrième exposition (Stanley 2015). Le sauna infrarouge maintient l'air entre 40 et 60 degrés et réchauffe la peau par rayonnement : la contrainte est plus faible, mais deux essais récents montrent qu'une session de 10 à 20 minutes après la musculation limite la perte de détente verticale et réduit les courbatures ressenties (Ahokas 2023, Ahokas 2025). Le choix se joue donc sur votre objectif : acclimatation à la chaleur et volume plasmatique pour le traditionnel, confort et courbatures pour l'infrarouge. Dans les deux cas, la dose utile tourne autour de 30 minutes par séance, répétées 6 à 7 fois, de préférence juste après l'effort (Heathcote 2018).

✅ Ce que dit la recherche

  • Scoon 2007 : trois semaines de sauna traditionnel à 89,9 degrés après l'entraînement, 31 minutes par séance, temps limite de course allongé de 32 pour cent (limites de confiance 21 à 43) chez 6 coureurs de fond.
  • Stanley 2015 : dix jours de sauna à 87 degrés après l'entraînement chez 7 cyclistes, pic d'expansion du volume plasmatique de 17,8 pour cent atteint dès la quatrième exposition, fréquence cardiaque au réveil en baisse de 10,2 pour cent.
  • Ahokas 2023 : 16 basketteurs, 20 minutes de sauna infrarouge à 43 degrés après un protocole de force, chute de la détente verticale atténuée et courbatures ressenties plus faibles qu'après une récupération passive.
  • Heathcote 2018 : 16 études sur le chauffage passif, plancher de 30 minutes par séance, 6 à 7 expositions minimum, chaleur appliquée juste après l'exercice plutôt que seule.
  • Beever 2009 : sur 9 études humaines retenues concernant l'infrarouge lointain, preuve modérée limitée sur la tension artérielle, et preuve constante qui réfute l'effet annoncé sur le cholestérol.
80 à 100
Degrés de l'air en sauna traditionnel
40 à 60
Degrés de l'air en sauna infrarouge
30 min
Durée plancher par séance pour une adaptation
6 à 7
Expositions minimales pour adapter le corps

Ce qui sépare vraiment les deux saunas

Les comparatifs publiés en ligne mettent presque systématiquement face à face les deux cabines selon leur prix, leur consommation électrique, leur durée de préchauffage et leur simplicité d'installation. Ces éléments ont leur intérêt au moment de choisir, mais ils ne répondent pas à la question d'un sportif : quelle contrainte thermique le corps reçoit, et quelles réponses physiologiques cette contrainte provoque.

Le sauna traditionnel finlandais repose sur la convection. Le poêle chauffe les pierres, celles-ci réchauffent l'air, puis cet air très chaud transmet sa chaleur à la peau. L'air atteint 80 à 100 degrés, avec une humidité naturellement basse que l'on augmente en versant de l'eau sur les pierres. L'écart thermique entre la peau et l'environnement est alors considérable, la sudation apparaît en deux à trois minutes, le rythme cardiaque augmente et la température centrale s'élève progressivement.

Un sauna infrarouge utilise le rayonnement plutôt que la convection. Ses panneaux diffusent un rayonnement infrarouge qui traverse l'air sans le réchauffer fortement et transmet son énergie aux premiers millimètres de la peau. La température de l'air reste entre 40 et 60 degrés. Le corps se réchauffe malgré tout, mais selon un mécanisme différent et plus progressivement, ce qui explique le confort respiratoire nettement supérieur rapporté par les utilisateurs.

ℹ️
Le point de bascule : ce n'est pas le mode de transfert qui compte pour l'adaptation, c'est la température centrale atteinte et le temps passé au-dessus du seuil. Un sauna infrarouge à 50 degrés pendant 20 minutes n'amène pas le corps au même endroit qu'un sauna traditionnel à 90 degrés pendant 30 minutes. Les deux peuvent servir, mais pas au même objectif.

Cette différence de dose thermique explique en partie pourquoi les publications scientifiques sur les deux types de sauna sont aussi différentes. Le sauna traditionnel fait l'objet d'études en Finlande depuis les années 1990, avec de grandes cohortes et des travaux menés chez des athlètes, souvent à 85 degrés ou davantage. Le sauna infrarouge est apparu plus tard et repose surtout sur de petits essais. Lors de sa revue de la littérature publiée en 2009, Beever n'a ainsi retenu que 9 articles humains publiés en anglais. Mettre les deux en parallèle revient donc aussi à comparer des niveaux de preuve très différents.

Sauna traditionnel : ce que la recherche a mesuré

Le sauna traditionnel présente une particularité : c'est le seul type de sauna pour lequel un essai a observé une amélioration de la performance d'endurance. Scoon et son équipe ont suivi 6 coureurs de fond durant trois semaines, avec 31 minutes de sauna humide à 89,9 degrés juste après l'entraînement, pour environ 12,7 séances sur la période. Le temps limite de course, réalisé à la vitesse de leur meilleur 5 km pendant environ 15 minutes, a progressé de 32 pour cent, soit environ 1,9 pour cent lors d'un contre-la-montre. La corrélation entre cette progression et l'augmentation du volume plasmatique atteignait 0,96.

L'étude de Stanley menée sur 7 cyclistes entraînés pendant 35 jours permet de comprendre le mécanisme. Dix jours de sauna à 87 degrés, pendant 30 minutes juste après l'entraînement, ont entraîné une expansion maximale du volume plasmatique de 17,8 pour cent dès la quatrième exposition, tandis que la fréquence cardiaque au réveil diminuait de 10,2 pour cent. Avec davantage de volume plasmatique, le volume d'éjection cardiaque est mieux maintenu à intensité identique et l'organisme évacue plus efficacement la chaleur produite par les muscles.

Dans ce cas, le sauna traditionnel n'a pas réparé les muscles. Il a provoqué une acclimatation à la chaleur, obtenue passivement grâce à une température centrale déjà élevée après l'entraînement. Le terme employé décrit donc bien le mécanisme : la chaleur n'assure pas la réparation musculaire, elle sollicite le système de thermorégulation et le volume sanguin.

Pour la santé générale, les données proviennent surtout des cohortes finlandaises de Kuopio. Chez 2 315 hommes âgés de 42 à 60 ans, suivis pendant une médiane de 20,7 ans, le rapport de risque de mort subite d'origine cardiaque après ajustement était de 0,78 pour 2 à 3 saunas hebdomadaires et de 0,37 pour 4 à 7 saunas par semaine (Laukkanen 2015). Les mêmes équipes ont trouvé une incidence plus faible de l'hypertension (rapport de risque 0,54 pour 4 à 7 séances, Zaccardi 2017) ainsi que moins d'hospitalisations pour maladie respiratoire (0,59 pour 4 séances et plus, Kunutsor 2017). Ces résultats sont marqués, mais ils correspondent à des associations observées dans une population habituée au sauna depuis l'enfance. Un homme qui pratique sept séances hebdomadaires ne présente probablement pas le même profil général que celui qui en fait une.

⚠️
À garder en tête : les résultats de Scoon reposent sur six sujets, ceux de Stanley sur sept. Ce sont des signaux physiologiques cohérents, pas des certitudes. Hussain et Cohen ont d'ailleurs relevé en 2018 que sur 40 études cliniques du sauna sec publiées depuis 2000 et totalisant 3 855 participants, seulement 13 étaient des essais randomisés, la plupart de petite taille.

Sauna infrarouge : ce que la recherche a mesuré

Le cas du sauna infrarouge est particulier : les données disponibles sont moins nombreuses, mais les deux essais les plus directement intéressants pour la musculation portent justement sur cette technologie.

Ahokas et son équipe ont soumis 16 basketteurs masculins à un protocole de force complexe combinant force maximale et pliométrie, suivi soit de 20 minutes de récupération passive, soit de 20 minutes de sauna infrarouge à 43 degrés. Les deux conditions étaient réalisées dans un ordre croisé aléatoire, avec une semaine entre les essais. Quatorze heures après, la baisse de performance au saut en contre-mouvement était moins importante après le sauna qu'après la récupération passive. Les courbatures rapportées étaient également moins fortes et la récupération perçue meilleure. La variabilité de fréquence cardiaque enregistrée pendant la nuit était identique dans les deux conditions, ce qui ne suggère pas de perturbation du sommeil sur le plan autonome.

La même équipe a ensuite étudié 40 athlètes féminines pratiquant des sports collectifs pendant six semaines, avec 10 minutes de sauna infrarouge à 50 degrés après des séances de sauts. Les résultats sont plus nuancés : après la première séance, le cortisol salivaire du matin suivant augmentait de 5,1 nmol/l dans le groupe sauna, alors qu'il restait stable dans le groupe témoin. Après six semaines, cette réaction avait disparu et s'était même inversée. Les courbatures n'augmentaient de leur côté qu'à 36 heures dans le groupe témoin. La chaleur représente donc d'abord une contrainte supplémentaire, avant que l'organisme ne s'y adapte.

Mero a comparé directement les deux types de sauna chez 10 hommes actifs. Les participants effectuaient soit une séance de musculation hypertrophique de 60 minutes, soit une séance d'endurance maximale de 34 à 40 minutes, suivie de 30 minutes de sauna. Les deux cabines étaient réglées entre 35 et 50 degrés, avec une humidité de 25 à 35 pour cent en infrarouge contre 60 à 70 pour cent en traditionnel. Sa conclusion reste mesurée : une chaleur infrarouge modérée semble favorable à la récupération neuromusculaire après un effort d'endurance maximal, tandis qu'aucun résultat comparable n'apparaît après le travail de force.

En dehors du sport, l'infrarouge a également été étudié chez des patients souffrant de rhumatismes. Oosterveld a inclus 17 patients atteints de polyarthrite rhumatoïde et 17 présentant une spondylarthrite ankylosante, avec huit séances réparties sur quatre semaines. La douleur et la raideur diminuaient de manière statistiquement significative pendant les séances, tandis que la fatigue reculait. Aucun effet indésirable ni aggravation de l'activité de la maladie n'a été constaté. Sur les quatre semaines complètes, l'amélioration restait toutefois visible sur le plan clinique sans atteindre le seuil statistique.

Ce que l'infrarouge a démontré

Moins de diminution de la détente verticale 14 heures après une séance de force (Ahokas 2023). Courbatures perçues moins fortes et récupération ressentie plus élevée. Diminution de la douleur et de la raideur pendant la séance chez des patients souffrant de rhumatismes (Oosterveld 2009). Bonne tolérance générale, sans effet indésirable signalé dans ces essais.

Ce qu'il n'a pas démontré

Aucune augmentation du volume plasmatique comparable aux 17,8 pour cent observés par Stanley 2015. Aucun gain de performance d'endurance mesuré. Aucun effet sur le cholestérol, avec une preuve constante allant contre cette hypothèse chez Beever 2009. Aucun bénéfice mesurable après une séance de force dans la comparaison réalisée par Mero 2015.

Le comparatif chiffré, ligne par ligne

Critère Sauna traditionnel Sauna infrarouge
Température de l'air 80 à 100 degrés (87 à 90 dans les essais sportifs) 40 à 60 degrés (43 à 50 dans les essais)
Mode de transfert Convection, air chaud sur la peau Rayonnement absorbé par la peau
Humidité Faible, relevable par jets d'eau (60 à 70 pour cent dans Mero 2015) Très faible (25 à 35 pour cent dans Mero 2015)
Durée tenable en une fois 10 à 15 minutes par passage 20 à 30 minutes en continu
Volume plasmatique Oui 17,8 pour cent dès 4 expositions (Stanley 2015) Non mesuré
Performance en endurance Oui 32 pour cent de temps limite, 6 sujets (Scoon 2007) Non mesuré
Récupération neuromusculaire après force Aucun effet dans Mero 2015 Oui détente préservée à 14 h (Ahokas 2023)
Courbatures Effet de la chaleur en général sur la douleur, à moins et plus de 24 h (Wang 2021) Oui ressenti amélioré (Ahokas 2023, Ahokas 2025)
Volume de preuve 40 études cliniques, 3 855 sujets, 13 essais randomisés (Hussain 2018) 9 études humaines retenues en revue (Beever 2009)
Données de cohorte longue Oui 20 à 25 ans de suivi en Finlande Aucune
Confort respiratoire Difficile pour qui supporte mal l'air brûlant Nettement plus facile

Lequel choisir selon votre objectif

Il n'existe pas de réponse valable dans toutes les situations. Il faut d'abord définir le résultat recherché, puis déterminer quelle dose de chaleur a permis de l'obtenir dans les études disponibles.

Sauna traditionnel
Préparer une course en climat chaud
Objectif : acclimatation, volume plasmatique
C'est le seul cadre dans lequel un essai a observé un gain de performance. Faites 30 minutes après l'entraînement, pendant 6 à 10 jours rapprochés, puis terminez le bloc au moins 3 à 4 jours avant la compétition.
Sauna infrarouge
Récupérer d'une séance de force lourde
Objectif : détente préservée, courbatures
Ahokas 2023 a observé précisément cette réponse après une séance associant force et pliométrie. Le protocole était de 20 minutes à 43 degrés immédiatement après l'effort, sans dispositif supplémentaire.
Sauna infrarouge
Vous supportez mal l'air brûlant
Objectif : tenir la durée
Une séance trop difficile à supporter ne sera pas réalisée régulièrement. À 45 ou 55 degrés, une durée minimale de 30 minutes devient plus facile à tenir, contrairement à une température de 90 degrés pour une grande partie des utilisateurs.
Les deux conviennent
Soulager une raideur articulaire
Objectif : douleur et mobilité
Dès 2001, Hannuksela rapportait une amélioration de la mobilité articulaire chez des personnes souffrant de rhumatismes avec le sauna traditionnel, résultat qu'Oosterveld a également retrouvé avec l'infrarouge en 2009. Choisissez donc celui auquel vous avez réellement accès.
Les deux conviennent
Descendre en tension après l'entraînement du soir
Objectif : sensation, transition vers le sommeil
Aucune étude n'a évalué spécifiquement cet effet sur le sommeil des sportifs, mais la baisse de la température corporelle après la sortie de cabine va dans une direction compatible avec ce mécanisme. Notre dossier sur le sommeil du sportif revient en détail sur ce fonctionnement.
Ni l'un ni l'autre
Perdre du gras, détoxifier, baisser le cholestérol
Objectif : sans fondement
Dans sa revue de 2009, Beever considère les données concernant l'obésité comme faibles et provenant d'une seule étude. Il décrit en revanche comme constante la preuve allant contre un effet sur le cholestérol. La diminution du poids observée immédiatement après un sauna correspond à une perte d'eau.

Un facteur pratique permet souvent de départager les deux options mieux que la physiologie seule : leur disponibilité au quotidien. Un sauna infrarouge domestique se branche sur une prise standard, atteint sa température en 10 à 15 minutes et peut être installé dans un espace réduit. Un sauna traditionnel nécessite une installation dédiée, un préchauffage plus long et une ventilation. Une séance réellement effectuée trois fois par semaine a davantage d'intérêt qu'une séance dans de meilleures conditions réalisée une fois par mois.

Le protocole : quand, combien de temps, à quelle fréquence

Heathcote et son équipe ont analysé 16 études consacrées au chauffage passif afin d'en dégager des repères pratiques. Trois données ressortent : au moins 30 minutes de chaleur par séance, 6 à 7 expositions au minimum pour provoquer une adaptation, et des séances placées sur des jours consécutifs lorsque cela est possible. Ils précisent aussi que la chaleur doit être appliquée après une séance d'exercice, avec un délai minimal, plutôt qu'utilisée seule.

Choisir l'objectif avant le type de sauna
Commencez par déterminer si votre objectif est une adaptation à la chaleur, avec notamment une expansion du volume plasmatique, ou simplement une diminution des courbatures et une meilleure sensation de récupération. Le premier objectif nécessite une exposition thermique importante, tandis que le second peut être obtenu avec une chaleur plus modérée.
Placer la séance juste après l'effort
Rejoignez le sauna dans les minutes qui suivent la fin de votre entraînement, sans laisser la température corporelle redescendre auparavant. C'est le positionnement utilisé par Scoon et Stanley, et Heathcote 2018 le cite également parmi ses recommandations principales.
S'hydrater avant, pendant et après
Prenez 300 à 500 ml d'eau avant la séance, gardez ensuite une bouteille à proximité et remplacez la perte de poids observée sur la balance à hauteur d'environ 1,5 litre par kilo perdu. Une exposition de 30 minutes entraîne fréquemment une perte de 0,5 à 1 kilo d'eau.
Tenir la durée utile
Prévoyez 30 minutes de chaleur pour chaque séance. Avec un sauna traditionnel à 80 ou 90 degrés, vous pouvez répartir cette durée en deux ou trois passages de 10 à 15 minutes, séparés par une pause à l'air libre. Avec un sauna infrarouge à 45 ou 55 degrés, une exposition continue de 20 à 30 minutes est généralement plus facile à maintenir.
Répéter sur des jours consécutifs
Pour provoquer une adaptation, réalisez 6 à 7 expositions, idéalement sur des journées rapprochées. Stanley a observé le pic de volume plasmatique dès la quatrième séance, ce qui suggère qu'un bloc de dix jours suffit largement. Une séance unique peut modifier les sensations le soir même, mais elle ne transforme pas la physiologie sur l'ensemble de la semaine.
Redescendre en température puis manger
À la sortie, laissez votre peau revenir progressivement à température pendant 5 à 10 minutes à l'air libre. Si votre objectif est l'adaptation, privilégiez ensuite une douche tiède plutôt qu'une douche glacée, puis prenez une collation apportant des protéines et des glucides.

Une fois le bloc d'acclimatation terminé, deux à trois séances hebdomadaires permettent de conserver cette habitude sans ajouter trop de charge. Cette fréquence correspond également au premier niveau observé dans les cohortes finlandaises et à celle décrite par Søberg chez des nageurs hivernaux associant immersions courtes et sauna deux à trois fois par semaine.

Ce qui n'est pas prouvé, ni pour l'un ni pour l'autre

Le marché du sauna domestique s'accompagne de nombreuses promesses que les travaux scientifiques disponibles ne confirment pas. Il faut donc les examiner une par une, y compris lorsque cette lecture réduit l'intérêt commercial d'un équipement de récupération.

« Le sauna détoxifie l'organisme »
Les revues analysées ne montrent pas qu'une évacuation de toxines par la sueur produirait un effet mesurable sur la santé. La sueur contient principalement de l'eau et des électrolytes. Le foie et les reins assurent l'élimination des déchets métaboliques, et leur fonctionnement n'est pas amélioré simplement parce que la peau transpire davantage.
« Le sauna infrarouge fait baisser le cholestérol »
Beever 2009 est très clair sur ce sujet : une preuve constante de qualité moyenne contredit l'hypothèse selon laquelle le sauna infrarouge lointain réduirait le cholestérol. Il s'agit de l'une des conclusions négatives les plus nettes de cette revue.
« Une séance brûle 500 calories »
La chaleur augmente bien la dépense énergétique, mais les données disponibles ne permettent pas de retenir ce type de chiffre. Beever considère les preuves concernant l'obésité comme faibles et issues d'une seule étude. Le poids perdu sur la balance réapparaît dès que les liquides sont consommés.
« Le sauna répare les fibres musculaires »
La chaleur modifie le débit sanguin cutané, la perception de la douleur et les mécanismes de thermorégulation. Chez l'humain entraîné, aucune accélération démontrée de la synthèse protéique ne permet d'affirmer qu'elle favorise directement la construction musculaire. Ahokas 2023 a observé une moindre baisse de performance et une douleur perçue réduite, ce qui ne correspond pas à une preuve de réparation des tissus.
« L'infrarouge pénètre en profondeur dans le muscle »
L'idée d'une pénétration profonde est fréquemment utilisée dans les arguments commerciaux. Le rayonnement infrarouge transmet son énergie aux premiers millimètres de la peau, puis la circulation sanguine répartit la chaleur dans l'organisme. L'effet thermique peut présenter un intérêt, mais cette formulation donne une image inexacte du mécanisme.

Les erreurs qui annulent le bénéfice

Quand une séance de sauna n'apporte pas le résultat recherché, le problème vient le plus souvent de la dose ou du moment choisi, plutôt que du type de cabine.

  • Une séance de 8 minutes. C'est agréable, cela ne produit aucune adaptation. Heathcote fixe le plancher à 30 minutes de chaleur, et Laukkanen 2015 observait un rapport de risque de 0,48 pour les séances de plus de 19 minutes contre celles de moins de 11 minutes.
  • Une séance par semaine. Sous 6 à 7 expositions, la thermorégulation n'a pas de raison de changer. Une séance hebdomadaire relève du confort, pas de l'entraînement.
  • Le sauna à froid, sans entraînement avant. Heathcote recommande explicitement de faire précéder la chaleur passive d'une séance d'exercice, pour maximiser la réponse adaptative. Le sauna du dimanche matin sans rien faire avant est une autre activité.
  • Enchaîner sur une douche glacée quand on cherche l'acclimatation. Refroidir immédiatement raccourcit la fenêtre pendant laquelle la température centrale reste élevée. Pour l'adaptation, gardez la chaleur. Pour le plaisir du contraste, faites-le en dehors des blocs d'acclimatation.
  • Le placer un jour de compétition. La chaleur est un stress. Ahokas 2025 a mesuré un cortisol du lendemain en hausse de 5,1 nmol/l après la première séance. Terminez un bloc d'acclimatation 3 à 4 jours avant l'échéance.
  • Ne pas compenser les pertes hydriques. Arriver déshydraté à la séance du lendemain annule une partie du bénéfice et augmente franchement l'inconfort.
⚠️
Sur les courbatures, le calendrier compte. Wang 2021, qui a regroupé 32 essais randomisés et 1 098 participants, a observé un effet de la chaleur sur la douleur à moins de 24 heures comme au-delà de 24 heures, alors que le froid appliqué dans l'heure n'agissait qu'en deçà de 24 heures. Petrofsky 2015 avait relevé de son côté que le froid appliqué à 24 heures faisait mieux sur la récupération de force. La chaleur et le froid ne se remplacent pas, ils occupent deux créneaux.

Sécurité, tolérance et contre-indications

La revue de référence consacrée à la sécurité du sauna reste celle de Hannuksela et Ellahham, publiée en 2001. Leur bilan général est rassurant : le sauna est bien toléré par la majorité des adultes et des enfants en bonne santé, sans effet sur la fertilité ni danger identifié pendant une grossesse non compliquée chez une femme en bonne santé. Ils rapportent aussi une amélioration temporaire de la fonction pulmonaire dans l'asthme et la bronchite chronique, ainsi qu'une meilleure mobilité articulaire chez les personnes souffrant de rhumatismes. La sudation peut toutefois accentuer les démangeaisons liées à la dermatite atopique.

Les contre-indications mentionnées sont précises : angor instable, infarctus récent et rétrécissement aortique sévère. Hussain et Cohen ont par ailleurs relevé en 2018 une observation isolée : parmi les 40 études analysées, une seule signalait un effet indésirable, à savoir une perturbation de la spermatogenèse réversible après l'arrêt de la pratique.

🚫
Sortez immédiatement si la tête tourne, si le cœur s'emballe au repos, si des nausées apparaissent ou si vous ne transpirez plus alors que la chaleur continue. Ne prenez pas de sauna après avoir bu de l'alcool, ni seul dans un local fermé si vous avez déjà eu un malaise. En cas de pathologie cardiaque, de traitement antihypertenseur, de grossesse à risque ou de traitement en cours, la question se pose à votre médecin, pas au vendeur de la cabine.

Les précautions sont similaires avec les deux technologies. Le sauna infrarouge étant plus confortable, il peut être plus facile d'y rester trop longtemps sans percevoir immédiatement la contrainte thermique. Dans un sauna traditionnel, l'inconfort pousse souvent à sortir et constitue ainsi une forme de limite naturelle.

Chaud, froid, ou les deux dans la même semaine

La comparaison entre chaleur et froid revient très souvent. Ces deux approches ne produisent pas les mêmes réponses, et leur répartition dans la semaine compte davantage que la préférence pour l'une ou l'autre.

Le froid réduit rapidement la douleur et donne une sensation de jambes plus légères, mais lorsqu'il est appliqué immédiatement après une séance de musculation, il peut réduire une partie de la signalisation anabolique. Nous avons présenté ces compromis dans notre article sur les bienfaits réels et les limites du bain froid, tandis que le guide du bain froid précise le protocole, notamment la température et la durée.

La chaleur agit plutôt sur l'acclimatation et le volume sanguin, sans effet inhibiteur documenté sur l'hypertrophie. Elle peut donc être utilisée les jours de musculation lourde, alors que le recours au bain froid dans ce contexte reste discuté. Les mécanismes et les modalités pratiques sont détaillés dans notre article de fond sur le sauna et la récupération sportive, dont ce comparatif constitue la suite.

Une répartition simple peut suffire sur la semaine : chaleur après les séances de force et les volumes d'entraînement élevés, froid lors des périodes de compétition rapprochées ou lorsque récupérer rapidement passe avant la progression, et aucune autre intervention le reste du temps. Søberg 2021 a décrit chez des nageurs hivernaux l'association d'immersions courtes et de sauna deux à trois fois par semaine, avec une thermogenèse induite par le froid nettement supérieure à celle des témoins. Il s'agit d'un mécanisme mesuré, pas d'un protocole démontrant une amélioration de la performance.

La chaleur ne remplace pas les autres bases de la récupération : sommeil, apport protéique et gestion de la charge restent les trois facteurs qui comptent le plus, comme nous le détaillons dans le guide complet de la récupération musculaire. Un passage au rouleau de massage avant ou après la cabine peut compléter la séance sur les zones raides.

🛒 Froid et chaleur, l'équipement qui suit le protocole

Sélectionnés, testés et approuvés par notre équipe.

Découvrir la gamme
💪
Équipe TheShapebox
Sources scientifiques vérifiées
Nos protocoles sont construits à partir d'essais et de revues systématiques identifiés par leur PMID et leur DOI, avec le niveau de preuve annoncé pour chaque affirmation, y compris quand il ne va pas dans le sens de notre gamme. Ce contenu n'a pas valeur d'avis médical et ne remplace pas une consultation.

📚 Sources scientifiques

  1. Heathcote SL, Hassmén P, Zhou S, Stevens CJ. Passive Heating: Reviewing Practical Heat Acclimation Strategies for Endurance Athletes. Front Physiol. 2018;9:1851. PMID 30618849. doi:10.3389/fphys.2018.01851
  2. Scoon GS, Hopkins WG, Mayhew S, Cotter JD. Effect of post-exercise sauna bathing on the endurance performance of competitive male runners. J Sci Med Sport. 2007;10(4):259-262. PMID 16877041. doi:10.1016/j.jsams.2006.06.009
  3. Stanley J, Halliday A, D'Auria S, Buchheit M, Leicht AS. Effect of sauna-based heat acclimation on plasma volume and heart rate variability. Eur J Appl Physiol. 2015;115(4):785-794. PMID 25432420. doi:10.1007/s00421-014-3060-1
  4. Ahokas EK, Ihalainen JK, Hanstock HG, Savolainen E, Kyröläinen H. A post-exercise infrared sauna session improves recovery of neuromuscular performance and muscle soreness after resistance exercise training. Biol Sport. 2023;40(3):681-689. PMID 37398966. doi:10.5114/biolsport.2023.119289
  5. Ahokas EK, Kyröläinen H, Ihalainen JK, Hanstock HG. Salivary cortisol response to post-exercise infrared sauna declines over time. Temperature (Austin). 2025;12(3):281-295. PMID 40926789. doi:10.1080/23328940.2025.2493460
  6. Mero A, Tornberg J, Mäntykoski M, Puurtinen R. Effects of far-infrared sauna bathing on recovery from strength and endurance training sessions in men. Springerplus. 2015;4:321. PMID 26180741. doi:10.1186/s40064-015-1093-5
  7. Beever R. Far-infrared saunas for treatment of cardiovascular risk factors: summary of published evidence. Can Fam Physician. 2009;55(7):691-696. PMID 19602651.
  8. Oosterveld FG, Rasker JJ, Floors M, Landkroon R, van Rennes B, Zwijnenberg J, et al. Infrared sauna in patients with rheumatoid arthritis and ankylosing spondylitis. A pilot study showing good tolerance, short-term improvement of pain and stiffness, and a trend towards long-term beneficial effects. Clin Rheumatol. 2009;28(1):29-34. PMID 18685882. doi:10.1007/s10067-008-0977-y
  9. Hussain J, Cohen M. Clinical Effects of Regular Dry Sauna Bathing: A Systematic Review. Evid Based Complement Alternat Med. 2018;2018:1857413. PMID 29849692. doi:10.1155/2018/1857413
  10. Wang Y, Li S, Zhang Y, Chen Y, Yan F, Han L, Ma Y. Heat and cold therapy reduce pain in patients with delayed onset muscle soreness: A systematic review and meta-analysis of 32 randomized controlled trials. Phys Ther Sport. 2021;48:177-187. PMID 33493991. doi:10.1016/j.ptsp.2021.01.004
  11. Petrofsky JS, Khowailed IA, Lee H, Berk L, Bains GS, Akerkar S, et al. Cold Vs. Heat After Exercise, Is There a Clear Winner for Muscle Soreness. J Strength Cond Res. 2015;29(11):3245-3252. PMID 26502272. doi:10.1519/JSC.0000000000001127
  12. Laukkanen T, Khan H, Zaccardi F, Laukkanen JA. Association between sauna bathing and fatal cardiovascular and all-cause mortality events. JAMA Intern Med. 2015;175(4):542-548. PMID 25705824. doi:10.1001/jamainternmed.2014.8187
  13. Zaccardi F, Laukkanen T, Willeit P, Kunutsor SK, Kauhanen J, Laukkanen JA. Sauna Bathing and Incident Hypertension: A Prospective Cohort Study. Am J Hypertens. 2017;30(11):1120-1125. PMID 28633297. doi:10.1093/ajh/hpx102
  14. Kunutsor SK, Laukkanen T, Laukkanen JA. Sauna bathing reduces the risk of respiratory diseases: a long-term prospective cohort study. Eur J Epidemiol. 2017;32(12):1107-1111. PMID 28905164. doi:10.1007/s10654-017-0311-6
  15. Hannuksela ML, Ellahham S. Benefits and risks of sauna bathing. Am J Med. 2001;110(2):118-126. PMID 11165553. doi:10.1016/S0002-9343(00)00671-9
  16. Søberg S, Löfgren J, Philipsen FE, Jensen M, Hansen AE, Ahrens E, et al. Altered brown fat thermoregulation and enhanced cold-induced thermogenesis in young, healthy, winter-swimming men. Cell Rep Med. 2021;2(10):100408. PMID 34755128. doi:10.1016/j.xcrm.2021.100408

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un sauna et un sauna infrarouge ?
Le sauna traditionnel porte l'air de la cabine à 80 à 100 degrés grâce à un poêle et à des pierres, puis le corps se réchauffe au contact de cet air très chaud. Un sauna infrarouge maintient l'air entre 40 et 60 degrés et utilise un rayonnement qui chauffe directement la peau. Le confort ressenti est nettement différent dans le second cas, mais la contrainte thermique imposée à l'organisme l'est également, ce qui modifie les effets que l'on peut attendre.
Quels sont les bienfaits d'un sauna infrarouge ?
Les résultats les plus documentés concernent la récupération après une séance de musculation. Chez 16 basketteurs, Ahokas 2023 a constaté qu'une exposition de 20 minutes à 43 degrés limitait la diminution de la détente verticale mesurée 14 heures plus tard et réduisait les courbatures ressenties. Oosterveld 2009 a de son côté constaté une diminution de la douleur et de la raideur pendant la séance chez des patients rhumatisants. Ces résultats existent, mais ils ont été obtenus sur de petits groupes.
Quels sont les inconvénients du sauna infrarouge ?
La première limite concerne la dose thermique. À 40 ou 60 degrés, la contrainte reste insuffisante pour reproduire l'expansion du volume plasmatique observée avec un sauna traditionnel à 87 degrés dans Stanley 2015. Les travaux disponibles sont également beaucoup moins nombreux : Beever 2009 n'a retenu que 9 études humaines sur l'infrarouge lointain et contredit clairement les affirmations concernant le cholestérol. Enfin, Ahokas 2025 montre que les premières séances augmentent le cortisol du matin suivant chez des athlètes féminines.
Quel est le meilleur type de sauna pour un sportif ?
Le choix dépend du résultat recherché. Pour préparer une compétition dans un environnement chaud ou rechercher un gain d'endurance par acclimatation, le sauna traditionnel est le seul pour lequel cet effet a été démontré : Scoon 2007 a observé une augmentation de 32 pour cent du temps limite de course après trois semaines de sauna humide à 90 degrés chez six coureurs. Pour faciliter la récupération après une séance de force dans de bonnes conditions de confort, le sauna infrarouge peut suffire et se montre plus simple à utiliser.
Combien de temps rester dans un sauna infrarouge ?
Les protocoles publiés couvrent des expositions allant de 10 minutes à 50 degrés dans Ahokas 2025 jusqu'à 30 minutes à 35 ou 50 degrés dans Mero 2015. Pour rechercher une adaptation, Heathcote 2018 recommande au minimum 30 minutes de chaleur par séance. Pour une aide simple à la récupération après la musculation, 20 minutes peuvent suffire. Sortez de la cabine si vous avez des vertiges, si votre cœur s'accélère alors que vous êtes au repos ou si la sensation de soif devient difficile à supporter.
Peut-on faire un sauna infrarouge tous les jours ?
Les données disponibles ne montrent pas de danger particulier chez un adulte en bonne santé correctement hydraté. Les cohortes finlandaises de Laukkanen 2015 portent d'ailleurs sur des hommes pratiquant 4 à 7 séances de sauna par semaine, avec les rapports de risque les plus favorables. La charge totale d'entraînement reste toutefois à considérer : la chaleur ajoute un stress physiologique, et Ahokas 2025 a observé une hausse du cortisol le lendemain lors des premières séances, phénomène qui disparaissait après six semaines.

précédent    
Ajouter une note à votre commande
Code promo