Passer au contenu

Le temple de la récupération sportive en France 🇫🇷

Français
  • Français

Que cherchez-vous ?

Recherches populaires :

Produits populaires


  • 〡
  • 〡 par Louis Brunet
Sportif assis sur un banc après une séance de jambes, mains sur les cuisses, rouleau de massage posé au sol
Récupération musculaire · Cuisses, mollets, fessiers

Courbatures aux jambes :
pourquoi elles frappent là et quoi faire dans les 48 h

En bref : les courbatures aux jambes sont principalement liées au freinage musculaire, autrement dit au travail excentrique des cuisses, des mollets et des fessiers lorsque vous descendez une pente, des escaliers ou la partie basse d'un squat. La douleur atteint son maximum entre 42 et 48 heures, puis s'estompe en trois à cinq jours. Durant les 48 premières heures, la force et la perception de la position du genou diminuent, ce qui justifie d'éviter les descentes, les sauts et les sprints. Le massage, la compression, le bain froid et l'activité légère peuvent soulager, contrairement aux étirements. Pour mieux supporter la prochaine séance, reproduisez une petite quantité du même mouvement : l'effet de protection se maintient plusieurs semaines.

Ce que dit la recherche

  • Après 30 minutes de course en descente, la douleur la plus forte est relevée à 42 heures (Byrnes, 1985).
  • Les ischio-jambiers subissent plus de dégâts que les quadriceps pour un même effort excentrique maximal (Chen, 2011).
  • Le sens de la position du genou et le sens de la force restent diminués jusqu'à 48 heures après un travail excentrique des cuisses (Torres, 2010).
  • Une première séance protège la suivante : jusqu'à 6 semaines pour la descente (Byrnes, 1985), au moins 6 mois sur le bras (Nosaka, 2001).
  • Le massage est la technique qui réduit le plus les courbatures et la fatigue perçue, sur 99 études (Dupuy, 2018).
42 h
pic de douleur après une descente
48 h
proprioception du genou diminuée
6 sem.
protection après une première descente
90 à 120 s
de rouleau par zone

Pourquoi les jambes sont si souvent touchées

Les courbatures apparaissent après un mouvement particulier : le muscle se contracte alors qu'une force extérieure provoque son allongement. Ce mécanisme correspond au travail excentrique, qui sert à freiner le mouvement. En descendant une marche, par exemple, le quadriceps retient le genou tout en s'allongeant. Le même phénomène se produit au niveau des cuisses et des fessiers lorsque vous descendez dans un squat. Selon l'hypothèse de Proske et Morgan (2001), le processus commencerait par l'étirement de sarcomères au-delà de leur zone de recouvrement. Certains cèdent, déclenchant ensuite une succession de lésions dans les fibres musculaires.

Aucune autre partie du corps ne cumule autant de travail excentrique que les jambes. Eston (1995) rappelle que la plupart de leurs muscles interviennent en excentrique à un moment de chaque foulée, afin de soutenir le poids du corps contre la gravité et d'absorber les impacts. En descente, les muscles antigravité, notamment les quadriceps, les loges antérieure et postérieure de la jambe ainsi que les extenseurs de la hanche, assurent surtout le freinage. Voilà pourquoi un trail avec un dénivelé négatif important, la descente d'une randonnée ou une séance de fentes marchées provoquent souvent davantage de courbatures qu'une sortie sur terrain plat deux fois plus longue.

Les activités qui provoquent le plus de courbatures aux jambes ont un point commun : elles imposent un freinage prolongé ou répété. C'est notamment le cas de la course en descente, des escaliers descendus, des squats et des fentes réalisés lentement, du soulevé de terre jambes tendues pour l'arrière des cuisses, des réceptions de sauts et des changements de direction dans les sports collectifs. Un sportif qui pratique uniquement le vélo, où les muscles travaillent presque toujours en raccourcissement, ressent peu de courbatures, même après une sortie difficile. En revanche, sa première sortie de course en montagne risque de lui laisser des douleurs importantes.

À retenir : les courbatures aux jambes dépendent moins de l'intensité seule que du caractère inhabituel du freinage musculaire. Une séance répétée chaque semaine provoque peu de douleurs, tandis que la même séance après trois mois d'arrêt peut entraîner des courbatures marquées. Pour comprendre le mécanisme général, consultez notre guide complet sur les courbatures.

Les jambes sont pourtant moins fragiles que les bras

Le constat peut surprendre : à effort excentrique équivalent, les jambes supportent mieux les contraintes que les bras. Chen et ses collègues (2011) ont demandé à 17 hommes sédentaires d'effectuer cinq séries de six contractions excentriques maximales des fléchisseurs et extenseurs du coude, puis du genou. Les marqueurs de dommages musculaires ont davantage évolué au niveau des bras. Jamurtas (2005) observe un résultat similaire avec un effort sous-maximal : la douleur est comparable entre les cuisses et les bras, mais la force des cuisses retrouve son niveau initial à 96 heures, contrairement à celle des bras. Les auteurs expliquent cet écart par les habitudes quotidiennes : les jambes freinent des mouvements tous les jours, tandis que les bras le font rarement. Des douleurs très marquées aux jambes signalent donc un mouvement particulièrement inhabituel.

Cuisses, ischios, mollets, fessiers : la carte des zones

Les courbatures varient selon la zone musculaire et le type d'activité réalisé. Repérer leur localisation permet de mieux identifier le mouvement responsable et d'adapter votre prochaine séance en conséquence.

Avant des cuisses
Quadriceps
Cette zone est la plus souvent touchée après une course en descente, un trail, une randonnée ou une séance de squats et de fentes. À chaque appui, le quadriceps contrôle la flexion du genou en freinant le mouvement. La douleur se manifeste notamment lorsqu'il faut descendre des escaliers, souvent le surlendemain de l'effort.
Arrière des cuisses
Ischio-jambiers
Ces douleurs surviennent fréquemment après un soulevé de terre jambes tendues, des sprints, des exercices de freinage au sol ou une reprise du football. Dans son étude de 2011, Chen constate des dommages plus importants au niveau des fléchisseurs du genou que des extenseurs, pour un protocole identique. Cette zone nécessite donc davantage de prudence que l'avant de la cuisse.
Mollets
Gastrocnémiens et soléaire
Les mollets sont souvent douloureux après des sauts, de la corde à sauter, une course sur l'avant du pied, une reprise de la course après une interruption ou une sortie avec des chaussures plus minimalistes que d'habitude. À chaque réception, ils contrôlent la descente du talon en freinant le mouvement.
Fessiers
Grand et moyen fessier
Les fessiers peuvent être courbaturés après des squats profonds, des fentes, du hip thrust avec une charge lourde ou une course en descente sur un trail. Dans une étude portant sur des coureuses entraînées, Tallis (2024) constate une diminution de la douleur des fessiers dès la deuxième séance de descente, depuis la fin de l'effort jusqu'à 48 heures après.

L'étude de Tallis a porté sur dix coureuses de fond qui n'avaient encore jamais couru en descente. Les chercheurs ont évalué la douleur ressentie au niveau des mollets, des quadriceps, des ischio-jambiers et des fessiers après plusieurs répétitions de course sur une pente à 15 %. Les quatre zones ont été touchées. Ce résultat montre qu'une descente sollicite l'ensemble des chaînes musculaires avant et arrière des jambes, et pas uniquement les cuisses.

La chronologie heure par heure

Les courbatures aux jambes évoluent selon une chronologie relativement prévisible. La connaître permet de mieux comprendre pourquoi la douleur est parfois plus forte le surlendemain que le jour précédent, sans nécessairement signaler une aggravation.

0 à 6 h
Fatigue sans douleur
Jambes lourdes, perte de force immédiate, rien de plus.
12 à 24 h
Apparition
Raideur au réveil, douleur à la palpation et à la descente d'escaliers.
24 à 48 h
Pic
Douleur maximale, force et proprioception diminuées.
72 h
Décrue
La douleur baisse nettement, la force revient.
96 h et plus
Fin
Gêne résiduelle possible, force des cuisses en général revenue.

Ces observations reposent sur plusieurs études. Byrnes (1985) a constaté une douleur maximale 42 heures après 30 minutes de course sur une pente de 10 degrés, au dernier moment de mesure de son étude. De son côté, Jamurtas (2005) a observé une douleur significative jusqu'à 96 heures après six séries de douze contractions excentriques des cuisses à 75 % de la force maximale, alors que la force musculaire avait déjà retrouvé son niveau initial. La douleur et les capacités physiques n'évoluent donc pas au même rythme : un muscle peut encore être douloureux tout en ayant récupéré sa force, ou présenter la situation inverse au début de la récupération.

Deux conséquences moins connues méritent d'être prises en compte lors de la reprise. La première concerne la proprioception. Après des contractions excentriques du quadriceps jusqu'à l'épuisement, Torres (2010) a mesuré chez 14 jeunes hommes une diminution du sens de la position du genou et de la perception de la force pendant 48 heures. Le genou est alors moins bien perçu dans l'espace et le contrôle de la force produite devient moins précis. La seconde concerne l'économie de course. Après 30 minutes de descente à 15 %, de Lima (2021) a relevé, immédiatement après l'effort, une augmentation de la consommation d'oxygène de 16,7 % et de 11 %, selon le profil génétique des coureurs. Maintenir la même allure demande alors davantage d'énergie.

Moment Ce que vous ressentez Ce qui se passe Ce que vous pouvez faire
Jour 0 Jambes lourdes Perte de force immédiate Retour au calme, bain froid ou compression
Jour 1 Raideur, escaliers pénibles Inflammation locale qui s'installe Rouleau, massage, effort très léger
Jour 2 Pic de douleur Force et proprioception diminuées Terrain plat, haut du corps, pas de sauts
Jour 3 Douleur qui baisse Réparation en cours Reprise progressive de l'intensité
Jour 4 et 5 Gêne résiduelle Force des cuisses en général revenue Séance normale si le test du squat passe

Le protocole des 48 heures

Il n'existe aucune méthode capable de supprimer les courbatures aux jambes en une journée. Plusieurs techniques permettent toutefois de diminuer la douleur de manière mesurable. La méta-analyse de Dupuy (2018), fondée sur 99 études, recense la récupération active, le massage, la compression, l'immersion en eau froide, l'alternance du chaud et du froid et la cryothérapie parmi les méthodes efficaces pour réduire les courbatures. Le massage arrive en tête pour la douleur et la fatigue ressenties. Voici comment organiser ces interventions sans y consacrer plus d'une demi-heure par jour.

1
Juste après la séance
Commencez par dix à quinze minutes de vélo ou de marche à faible allure, puis prenez une douche. Si vous disposez d'un bain froid, restez-y 10 à 15 minutes dans une eau comprise entre 10 et 15 °C. Selon la méta-analyse de Machado (2016), cette plage de température donne les meilleurs résultats sur la douleur. Réservez cette pratique après une course, un trail ou un sport collectif, plutôt qu'après une séance de musculation destinée à développer votre masse musculaire.
2
Le soir même
Portez des chaussettes ou des manchons de compression si vous en possédez, puis massez les cuisses et les mollets, seul ou avec l'aide d'une autre personne. Essayez également de vous coucher à des horaires réguliers et de préserver une nuit complète, en évitant les écrans tard le soir.
3
À 24 heures
Utilisez un rouleau de massage pendant 90 à 120 secondes au total par zone, en travaillant les quadriceps, les ischio-jambiers, les mollets et les fessiers. Adaptez la pression pour qu'elle reste supportable, sans devoir serrer les dents. Poursuivez par 20 à 30 minutes d'activité très légère, en choisissant le vélo ou la marche sur terrain plat.
4
À 48 heures
Évitez les descentes, les sauts, les sprints et les changements de direction brusques. Vous pouvez privilégier une activité légère sur terrain plat ou entraîner le haut du corps. Avant de reprendre une séance consacrée aux jambes, effectuez dix squats sans charge pour vérifier votre mobilité. Si vous les réalisez sans boiter, reprenez à intensité réduite.
5
La semaine suivante
Reproduisez brièvement le mouvement qui a provoqué vos courbatures : quelques minutes de descente ou quelques séries de fentes ou de squats exécutés lentement. Cette exposition répétée déclenche l'effet de répétition, un mécanisme protecteur qui persiste plusieurs semaines.

Le détail de chaque outil

Le massage. La méta-analyse de Guo (2017), qui regroupe 11 articles et 504 participants, met en évidence une diminution de la douleur après 24 heures, avec des effets plus marqués à 48 et 72 heures, lorsque les courbatures aux jambes sont les plus gênantes. La récupération de la force isométrique maximale est également légèrement meilleure. Un pistolet de massage peut remplacer un massage manuel lorsqu'aucune aide n'est disponible. Travaillez uniquement sur le muscle et évitez le creux du genou ainsi que l'arrière de la cuisse à proximité du nerf.

Le rouleau. La revue de Hendricks (2020), qui rassemble 49 articles, situe la durée la plus utile entre 90 et 120 secondes au total par zone. Pearcey (2015) a étudié huit hommes actifs après dix séries de dix squats à 60 % du maximum. Vingt minutes de rouleau immédiatement après l'effort, puis à 24 et à 48 heures, ont amélioré le seuil de douleur à la pression et mieux préservé les performances au sprint sur 30 mètres et au saut en longueur. L'échantillon reste limité, mais les résultats sur la douleur concordent avec ceux d'autres travaux. Retrouvez les positions dans nos 8 exercices au rouleau pour les jambes et le dos.

La compression. À partir de 12 études, Hill (2014) observe un effet modéré des vêtements de compression sur les courbatures, la force et la puissance après des efforts responsables de dommages musculaires. Leur avantage est de pouvoir être portés sans contrainte particulière, au bureau ou pendant la nuit. La pressothérapie des jambes reprend ce principe de manière active, avec davantage de contraintes. Les mêmes outils peuvent aussi aider à soulager la sensation de jambes lourdes après l'effort.

Le froid. L'immersion en eau froide atténue la douleur. Toutefois, Fyfe (2019) a montré qu'après sept semaines de musculation, un bain de 15 minutes à 10 °C après chaque séance ralentissait la croissance des fibres de type II, sans modifier le gain de force. La règle pratique consiste donc à réserver le bain froid à la course ou aux matchs, et à l'éviter après une séance de jambes visant le développement musculaire. Consultez notre protocole complet du bain froid pour connaître les réglages et les précautions à prendre.

L'effort léger. Zainuddin (2006) a demandé à des personnes courbaturées de réaliser un effort concentrique très léger pendant quatre jours. La douleur et la sensibilité diminuaient d'environ 40 % immédiatement après l'activité, mais la récupération sur sept jours ne changeait pas. Le mouvement apporte donc un soulagement temporaire sans accélérer la réparation musculaire. Cela peut déjà faciliter les gestes quotidiens, notamment la descente d'un escalier.

Courir, monter les escaliers, refaire les jambes ?

Une interrogation revient régulièrement : faut-il attendre la disparition complète de la douleur avant de reprendre ? Nosaka et Newton (2002) ont étudié une situation précise. Réaliser de nouvelles contractions excentriques à J2 et J4 sur un muscle courbaturé n'a ni augmenté les dommages ni ralenti la récupération par rapport à une seule séance. Le principal risque n'est donc pas nécessairement de provoquer davantage de lésions musculaires. Il concerne plutôt la diminution de la force et de la proprioception durant les 48 premières heures, qui rend les réceptions de sauts et les descentes rapides plus difficiles à contrôler.

Concrètement, pour des courbatures aux jambes :

  • Monter les escaliers se fait sans problème : c'est un travail concentrique, peu douloureux. Les descendre est plus pénible, et c'est normal.
  • Courir sur le plat à allure facile est possible dès le lendemain si la foulée reste normale. Si vous boitez, marchez.
  • Le trail, la descente, le fractionné court, la pliométrie attendent que la douleur ait nettement baissé, souvent 72 heures.
  • Une séance de jambes en musculation peut reprendre à charge réduite quand le test des dix squats passe, en évitant les descentes très lentes.

Pour connaître les recommandations selon l'intensité de la douleur et le type d'activité, consultez notre article faire du sport avec des courbatures : quand continuer, quand arrêter, qui présente la démarche complète.

Prévenir la prochaine fois : l'effet de répétition

C'est l'un des mécanismes les plus utiles à connaître, mais aussi l'un des moins connus. Lorsqu'un muscle a présenté des courbatures après un mouvement, la même activité provoque généralement beaucoup moins de douleur lors de la séance suivante, même si les conditions sont identiques. Les chercheurs désignent ce phénomène sous le nom d'effet de répétition. Proske et Morgan (2001) proposent une explication : le muscle pourrait ajouter des sarcomères en série, modifiant ainsi sa longueur de travail et sa sensibilité à l'étirement sous tension.

Pour les jambes, plusieurs travaux chiffrent cette protection :

  • Byrnes (1985) : après une première descente de 30 minutes, la deuxième, faite 3 ou 6 semaines plus tard, donne nettement moins de douleur. Hausse de la créatine kinase de 340 % puis de 63 % dans le groupe à 3 semaines. À 9 semaines, plus aucune différence.
  • Eston (1996) : 100 excentriques maximales des quadriceps, deux semaines avant une descente sur tapis, ont réduit la sensibilité des cuisses, la perte de force et la hausse de créatine kinase après la descente.
  • Tallis (2024) : chez des coureuses entraînées, une deuxième séance de descente trois semaines après la première réduit la douleur des mollets, des quadriceps, des ischio-jambiers et des fessiers.
  • Nosaka (2001), sur les fléchisseurs du coude : protection présente à 6 mois pour la plupart des marqueurs, perdue entre 9 et 12 mois.

En pratique, la démarche est simple. Deux à trois semaines avant un trail avec du dénivelé, une randonnée en montagne ou une reprise des sports collectifs, intégrez une courte exposition au mouvement de freinage concerné : quelques descentes brèves, des fentes ou des squats avec une descente lente. Vous ressentirez probablement des courbatures modérées à ce moment-là, mais elles seront beaucoup moins fortes lors de l'échéance importante. Continuez ensuite à pratiquer ce mouvement chaque semaine. La protection acquise lors de la course en descente s'efface entre 6 et 9 semaines si vous cessez de l'entretenir.

Le piège de la reprise : après des vacances ou une blessure, la protection acquise précédemment peut avoir disparu. La première séance consacrée aux jambes ou la première sortie en côte doit donc être plus courte que d'habitude, même si votre condition cardiovasculaire est bonne. C'est souvent après cette reprise que les courbatures aux jambes atteignent leur niveau le plus élevé de l'année.

Ce qui ne marche pas

S'étirer pour éviter les courbatures
La revue Cochrane de Herbert (2011), qui comprend 12 études, dont un essai de terrain auprès de 2 377 participants, ne relève aucune diminution cliniquement importante de la douleur lorsque les étirements sont pratiqués avant ou après l'effort. Des étirements doux des cuisses courbaturées ne présentent pas de danger particulier, mais ne raccourcissent pas la récupération. Réservez donc nos étirements des jambes au travail de mobilité plutôt qu'au soulagement des courbatures.
Les courbatures viennent de l'acide lactique
Le délai d'apparition ne correspond pas à celui d'une simple fatigue immédiate : la douleur commence le lendemain et atteint généralement son maximum vers 42 heures (Byrnes, 1985). Par ailleurs, la course en descente, qui demande moins d'oxygène et entraîne une fréquence cardiaque plus faible que la course sur terrain plat (Tallis, 2024), provoque davantage de courbatures aux jambes. Les recherches attribuent ce phénomène aux microlésions liées au freinage musculaire (Proske et Morgan, 2001), et non à l'accumulation d'un déchet de l'effort.
Un anti-inflammatoire règle le problème
Lundberg et Howatson (2018) rappellent que la prise d'anti-inflammatoires est associée à une hypertrophie et à un gain de force plus faibles chez les jeunes suivant un programme de musculation. Ces médicaments atténuent la douleur, mais n'accélèrent pas la réparation musculaire. Avant d'en prendre pour des courbatures, demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin.
L'électrostimulation fait partir les courbatures
Dans la méta-analyse de Dupuy (2018), l'électrostimulation figure parmi les techniques qui ne présentent pas d'effet mesurable sur les courbatures, contrairement au massage, à la compression et au froid. Cette méthode peut procurer une sensation agréable, mais elle ne constitue pas une priorité pour récupérer.

D'autres solutions souvent citées, comme la boisson à la cerise acidulée ou l'arnica, sont évaluées selon leur niveau de preuve dans notre article remèdes contre les courbatures : ce qui est prouvé, ce qui ne l'est pas.

Quand ce ne sont pas des courbatures

Une courbature touche généralement les muscles sollicités ou apparaît de façon symétrique. Elle se manifeste le lendemain de l'effort, puis diminue après 48 à 72 heures. Une douleur qui ne suit pas cette évolution peut correspondre à un autre problème et justifie un avis médical, sans attendre la fin de la semaine.

Consultez rapidement si :

  • la douleur touche un seul mollet, avec gonflement, chaleur ou rougeur, en particulier après un long trajet ou une immobilisation ;
  • les urines deviennent foncées, couleur thé ou cola, avec des muscles très gonflés et une faiblesse marquée : c'est un signe possible de rhabdomyolyse d'effort, rare mais potentiellement mortelle selon la revue de Rawson (2017) ;
  • la douleur est apparue d'un coup pendant l'effort, comme un claquement ou un coup de poignard, à l'arrière de la cuisse ou dans le mollet ;
  • la douleur augmente encore après 72 heures au lieu de baisser ;
  • vous avez des douleurs dans les jambes sans aucun effort inhabituel, avec de la fièvre, une fatigue générale ou un traitement récent.

Des courbatures marquées après une séance inhabituelle sont le plus souvent sans gravité. Leur mécanisme, leur durée et les facteurs qui les accentuent sont expliqués dans notre dossier récupération musculaire. Le sommeil, fréquemment négligé après une séance intense pour les jambes, fait également l'objet de notre article sur le nombre d'heures de sommeil d'un sportif.

Rouleau, bâton et balle de massage

Pour les 90 à 120 secondes par zone du protocole, sur les cuisses, les mollets et les fessiers. Sélectionnés, testés et approuvés par notre équipe.

Voir les outils de massage
TS
Équipe TheShapebox
Sources scientifiques vérifiées
Chaque chiffre de cet article renvoie à une étude publiée, vérifiée sur PubMed avant publication. Ce contenu informe et n'a pas valeur d'avis médical : pour une douleur inhabituelle, consultez un professionnel de santé.

Sources scientifiques

  1. Byrnes WC, Clarkson PM, White JS, et al. Delayed onset muscle soreness following repeated bouts of downhill running. J Appl Physiol. 1985;59(3):710-715. PMID 4055561. doi:10.1152/jappl.1985.59.3.710
  2. Eston RG, Mickleborough J, Baltzopoulos V. Eccentric activation and muscle damage: biomechanical and physiological considerations during downhill running. Br J Sports Med. 1995;29(2):89-94. PMID 7551767. doi:10.1136/bjsm.29.2.89
  3. Proske U, Morgan DL. Muscle damage from eccentric exercise: mechanism, mechanical signs, adaptation and clinical applications. J Physiol. 2001;537:333-345. PMID 11731568. doi:10.1111/j.1469-7793.2001.00333.x
  4. Chen TC, Lin KY, Chen HL, Lin MJ, Nosaka K. Comparison in eccentric exercise-induced muscle damage among four limb muscles. Eur J Appl Physiol. 2011;111:211-223. PMID 20852880. doi:10.1007/s00421-010-1648-7
  5. Jamurtas AZ, Theocharis V, Tofas T, et al. Comparison between leg and arm eccentric exercises of the same relative intensity on indices of muscle damage. Eur J Appl Physiol. 2005;95:179-185. PMID 16007451. doi:10.1007/s00421-005-1345-0
  6. Torres R, Vasques J, Duarte JA, Cabri JM. Knee proprioception after exercise-induced muscle damage. Int J Sports Med. 2010;31(6):410-415. PMID 20301043. doi:10.1055/s-0030-1248285
  7. de Lima LCR, Bueno Junior CR, de Oliveira Assumpção C, et al. The Impact of ACTN3 Gene Polymorphisms on Susceptibility to Exercise-Induced Muscle Damage and Changes in Running Economy Following Downhill Running. Front Physiol. 2021;12:769971. PMID 34867477. doi:10.3389/fphys.2021.769971
  8. Nosaka K, Newton M. Repeated eccentric exercise bouts do not exacerbate muscle damage and repair. J Strength Cond Res. 2002;16(1):117-122. PMID 11834116.
  9. Zainuddin Z, Sacco P, Newton M, Nosaka K. Light concentric exercise has a temporarily analgesic effect on delayed-onset muscle soreness, but no effect on recovery from eccentric exercise. Appl Physiol Nutr Metab. 2006;31(2):126-134. PMID 16604130. doi:10.1139/h05-010
  10. Nosaka K, Sakamoto K, Newton M, Sacco P. How long does the protective effect on eccentric exercise-induced muscle damage last? Med Sci Sports Exerc. 2001;33(9):1490-1495. PMID 11528337. doi:10.1097/00005768-200109000-00011
  11. Eston RG, Finney S, Baker S, Baltzopoulos V. Muscle tenderness and peak torque changes after downhill running following a prior bout of isokinetic eccentric exercise. J Sports Sci. 1996;14(4):291-299. PMID 8887208. doi:10.1080/02640419608727714
  12. Tallis J, McMorrow C, Shelley SP, Eustace SJ. Repeated Bout Effect of Downhill Running on Physiological Markers of Effort and Post Exercise Perception of Soreness in Trained Female Distance Runners. Sports (Basel). 2024;12(6):169. PMID 38921863. doi:10.3390/sports12060169
  13. Dupuy O, Douzi W, Theurot D, Bosquet L, Dugué B. An Evidence-Based Approach for Choosing Post-exercise Recovery Techniques to Reduce Markers of Muscle Damage, Soreness, Fatigue, and Inflammation. Front Physiol. 2018;9:403. PMID 29755363. doi:10.3389/fphys.2018.00403
  14. Guo J, Li L, Gong Y, et al. Massage Alleviates Delayed Onset Muscle Soreness after Strenuous Exercise: A Systematic Review and Meta-Analysis. Front Physiol. 2017;8:747. PMID 29021762. doi:10.3389/fphys.2017.00747
  15. Hill J, Howatson G, van Someren K, Leeder J, Pedlar C. Compression garments and recovery from exercise-induced muscle damage: a meta-analysis. Br J Sports Med. 2014;48(18):1340-1346. PMID 23757486. doi:10.1136/bjsports-2013-092456
  16. Machado AF, Ferreira PH, Micheletti JK, et al. Can Water Temperature and Immersion Time Influence the Effect of Cold Water Immersion on Muscle Soreness? Sports Med. 2016;46(4):503-514. PMID 26581833. doi:10.1007/s40279-015-0431-7
  17. Fyfe JJ, Broatch JR, Trewin AJ, et al. Cold water immersion attenuates anabolic signaling and skeletal muscle fiber hypertrophy, but not strength gain, following whole-body resistance training. J Appl Physiol. 2019;127(5):1403-1418. PMID 31513450. doi:10.1152/japplphysiol.00127.2019
  18. Hendricks S, Hill H, Hollander SD, Lombard W, Parker R. Effects of foam rolling on performance and recovery: A systematic review of the literature to guide practitioners on the use of foam rolling. J Bodyw Mov Ther. 2020;24(2):151-174. PMID 32507141. doi:10.1016/j.jbmt.2019.10.019
  19. Pearcey GEP, Bradbury-Squires DJ, Kawamoto JE, et al. Foam rolling for delayed-onset muscle soreness and recovery of dynamic performance measures. J Athl Train. 2015;50(1):5-13. PMID 25415413. doi:10.4085/1062-6050-50.1.01
  20. Herbert RD, de Noronha M, Kamper SJ. Stretching to prevent or reduce muscle soreness after exercise. Cochrane Database Syst Rev. 2011;(7):CD004577. PMID 21735398. doi:10.1002/14651858.CD004577.pub3
  21. Lundberg TR, Howatson G. Analgesic and anti-inflammatory drugs in sports: Implications for exercise performance and training adaptations. Scand J Med Sci Sports. 2018;28(11):2252-2262. PMID 30102811. doi:10.1111/sms.13275
  22. Rawson ES, Clarkson PM, Tarnopolsky MA. Perspectives on Exertional Rhabdomyolysis. Sports Med. 2017;47(Suppl 1):33-49. PMID 28332112. doi:10.1007/s40279-017-0689-z

Questions fréquentes

Comment soulager les courbatures dans les jambes ?
Selon la méta-analyse de Dupuy (2018), qui regroupe 99 études, les méthodes les mieux étayées sont le massage, la compression, l'immersion en eau froide et la récupération active. Une activité légère procure un soulagement pendant sa réalisation, mais ne réduit pas la durée de récupération. Le rouleau permet également de diminuer la douleur en travaillant chaque zone pendant 90 à 120 secondes, notamment les cuisses, les mollets et les fessiers. Les étirements, pour leur part, ne modifient pas la douleur.
Est-ce que les courbatures aux jambes sont un bon signe ?
Les courbatures signalent que vos muscles ont été soumis à un effort inhabituel, en particulier lors d'un freinage, comme pendant une descente ou la phase basse d'un squat. Elles ne permettent pas de juger l'efficacité de la séance. Un entraînement productif réalisé chaque semaine provoque peu de douleurs, car les muscles se sont adaptés. Rechercher systématiquement des courbatures à chaque séance de jambes revient donc à privilégier la nouveauté plutôt que la progression.
Pourquoi ai-je des courbatures aux jambes sans faire de sport ?
Il suffit parfois d'une journée différente de vos habitudes pour provoquer des courbatures : descendre de nombreux escaliers, effectuer une randonnée, déménager, marcher longtemps en descente ou rester debout toute la journée avec des chaussures nouvelles. Si aucune activité ne permet d'expliquer la douleur, une sensation diffuse dans les jambes ne correspond pas forcément à des courbatures et nécessite un avis médical, particulièrement si elle persiste plus de quelques jours, s'accompagne de fièvre ou ne touche qu'un seul côté.
Quel est le médicament le plus efficace contre les courbatures aux jambes ?
Aucun médicament ne permet d'accélérer la réparation musculaire. Dans leur revue de 2018, Lundberg et Howatson associent les anti-inflammatoires à une hypertrophie et à un gain de force plus faibles chez les jeunes qui suivent un programme de musculation. Ils atténuent la douleur sans accélérer le processus de récupération. Si celle-ci devient difficile à supporter, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin plutôt que de prendre un traitement sans avis professionnel.
Pourquoi les cuisses sont-elles plus touchées que le reste ?
Lors d'une descente, d'un escalier descendu ou de la phase basse d'un squat ou d'une fente, les quadriceps contrôlent le mouvement et freinent le corps. Ce travail musculaire, appelé excentrique, est à l'origine des courbatures. L'arrière des cuisses se révèle encore plus sensible à ce type de sollicitation : dans son étude de 2011, Chen observe davantage de dommages au niveau des fléchisseurs du genou que des extenseurs après un effort maximal identique.
Combien de temps durent les courbatures aux jambes ?
Les courbatures apparaissent généralement le lendemain de l'effort, atteignent leur maximum entre 42 et 48 heures, puis disparaissent en trois à cinq jours. Byrnes (1985) a observé un pic de douleur à 42 heures après une course en descente. De son côté, Jamurtas (2005) a constaté une douleur persistante à 96 heures après une séance consacrée aux cuisses, alors que la force musculaire avait déjà retrouvé son niveau initial. Si la douleur continue d'augmenter après 72 heures, faites-la examiner.

précédent    
Ajouter une note à votre commande
Code promo