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Sportif assis sur un banc de musculation qui masse l'avant de sa cuisse courbaturée, haltère léger posé au sol
Courbatures · Entraînement

Faire du sport avec des courbatures :
quand continuer, quand arrêter

En bref : oui, vous pouvez faire du sport avec des courbatures, et cela n'aggrave pas les dégâts musculaires. Dans l'essai de Nosaka et Newton (2002), répéter le même effort excentrique deux puis quatre jours après la première séance n'a ni augmenté les dégâts ni ralenti la récupération. Le vrai risque est ailleurs : pendant environ 48 heures, le muscle courbaturé produit moins de force, perd de l'amplitude et renseigne moins bien le cerveau sur la position de l'articulation (Torres, 2010). La bonne décision dépend donc de la note de douleur : de 1 à 3 sur 10, séance prévue un peu allégée ; de 4 à 6, récupération active de 20 à 40 minutes ou autre groupe musculaire ; au-delà, repos actif. Un gonflement, une urine foncée ou une douleur vive et localisée imposent l'arrêt.

Ce que dit la recherche

  • Deux séances excentriques supplémentaires à J2 et J4 n'ont pas aggravé les dégâts ni retardé la récupération (Nosaka et Newton, 2002).
  • Un effort léger réduit la douleur d'environ 40 % sur le moment, sans accélérer la réparation (Zainuddin, 2006).
  • Le sens de la position du genou et le sens de la force restent diminués jusqu'à 48 heures après un effort excentrique (Torres, 2010).
  • Les courbatures réduisent l'amplitude, l'amortissement des chocs et le pic de force, et modifient le recrutement musculaire (Cheung, 2003).
  • La prise de muscle n'apparaît qu'une fois les dégâts atténués, pas quand ils sont maximaux (Damas, 2016).
48 h
proprioception diminuée après l'effort excentrique
-40 %
de douleur juste après un effort léger
1 à 2 j
d'intensité réduite recommandés
0
aggravation mesurée en répétant l'effort

Ce que les courbatures changent dans le muscle

Les courbatures, aussi appelées douleurs musculaires d'apparition retardée, surviennent après un effort inhabituel, notamment lorsqu'il comporte une forte composante excentrique : descentes en course, phase de retour en musculation, réceptions de sauts. Le mécanisme précis, leur durée habituelle et leurs causes sont détaillés dans notre guide sur les courbatures musculaires. Ici, la question est plus ciblée : que se passe-t-il quand vous décidez de faire du sport avec des courbatures ?

La douleur n'est que le symptôme le plus visible. Byrne, Twist et Eston (2004) ont analysé les conséquences des dégâts musculaires provoqués par l'exercice : la baisse la plus marquée concerne la capacité à produire de la force, qui diminue rapidement et reste réduite. La puissance est également touchée, notamment lors des mesures à vélo et en saut vertical. Le coût physiologique des efforts d'endurance augmente aussi, tout comme la contrainte thermique par temps chaud.

Cheung, Hume et Maxwell (2003) identifient trois autres conséquences concrètes : une amplitude articulaire moindre, une capacité d'amortissement des chocs réduite et un pic de force inférieur. Pour s'adapter, le corps change le recrutement et l'ordre d'activation des muscles. Ces ajustements déplacent une partie des contraintes vers les tendons et les ligaments. Selon les auteurs, cela peut accroître le risque de blessure si la reprise à pleine intensité intervient trop rapidement.

La proprioception, l'effet que personne ne sent

Torres et ses collègues (2010) ont soumis 14 jeunes hommes à des contractions excentriques du quadriceps jusqu'à l'épuisement, avant d'évaluer leur proprioception du genou pendant quatre jours. Le sens de la position articulaire et celui de la force étaient significativement altérés jusqu'à 48 heures. En pratique, votre genou identifie moins précisément sa position et la force qu'il produit, alors que vous pouvez simplement avoir l'impression d'une raideur.

C'est pourquoi le risque d'une séance avec des courbatures ne vient pas directement du muscle douloureux, mais plutôt des mouvements qui demandent un contrôle précis : réception d'un saut, changement de direction, descente rapide en trail, charge lourde en fin d'amplitude. Ce sont ces mouvements qu'il faut supprimer en premier.

Capacité Effet des courbatures Source
Force maximale Baisse immédiate et prolongée Byrne 2004
Puissance (saut, sprint, vélo) Diminuée Byrne 2004
Amplitude articulaire Réduite Cheung 2003
Amortissement des chocs Moins bon Cheung 2003
Sens de la position du genou Diminué jusqu'à 48 h Torres 2010
Coût d'un effort d'endurance Plus élevé, surtout à la chaleur Byrne 2004

S'entraîner sur des courbatures aggrave-t-il les dégâts ?

C'est la peur la plus fréquente, mais aussi celle que les travaux scientifiques réfutent le plus nettement. Nosaka et Newton (2002) ont demandé à leurs sujets d'effectuer 3 séries de 10 contractions excentriques des fléchisseurs du coude avec un haltère correspondant à 50 % de la force isométrique maximale. Un bras ne recevait qu'une séance. L'autre était sollicité à nouveau 2 jours puis 4 jours plus tard, alors que les courbatures étaient encore présentes.

Les deux séances supplémentaires ont provoqué une baisse immédiate de la force, comparable à celle observée après la première séance. Une fois ces effets immédiats écartés, aucune différence n'était toutefois observée entre les deux bras concernant la force, l'amplitude, la douleur ou la créatine kinase sanguine. Les auteurs concluent que ces séances répétées n'ont ni accentué les dégâts musculaires ni changé le déroulement de la récupération.

Cette protection repose en partie sur ce que les chercheurs nomment l'effet de répétition : une première séance excentrique rend le muscle moins sensible aux dégâts provoqués par les suivantes. McHugh (2003) regroupe les adaptations proposées en trois catégories, nerveuses, mécaniques et cellulaires, auxquelles s'ajoutent des sarcomères en série et une réponse inflammatoire mieux maîtrisée. Il précise qu'aucune théorie ne suffit encore à expliquer entièrement l'effet de répétition, même si le phénomène est bien établi.

Ce que cela veut dire pour vous. Faire du sport avec des courbatures ne « casse » pas davantage le muscle. Ce que vous risquez, c'est une séance de moins bonne qualité et un geste moins bien contrôlé. La question n'est donc pas « ai-je le droit ? » mais « quel effort mon muscle peut-il encaisser aujourd'hui sans que je compense ? ».

Une précision s'impose : l'étude de Nosaka concernait les bras, avec une charge modérée et un mouvement simple. Elle ne permet pas de conclure pour un fractionné en descente ou une séance de sauts avec des quadriceps très douloureux, situations où la baisse de proprioception peut intervenir. C'est pour cette raison que la grille suivante tient compte à la fois de la douleur et de la nature de l'effort, plutôt que d'un simple oui ou non.

La grille de décision : continuer, alléger ou arrêter

La note de douleur constitue le repère le plus simple pour juger s'il est raisonnable de faire du sport avec des courbatures. Évaluez-la le matin avec un mouvement quotidien qui sollicite le muscle concerné : descendre un escalier pour les cuisses, se relever d'une chaise pour les fessiers, enfiler un tee-shirt pour les pectoraux et les épaules. Utilisez une échelle allant de 0 (aucune gêne) à 10 (douleur insupportable).

Note au réveil Décision Ce que vous pouvez faire À éviter
1 à 3 Continuer Séance prévue, volume ou charge réduits de 10 à 20 % Records, séries jusqu'à l'échec sur le muscle touché
4 à 6 Alléger Récupération active de 20 à 40 min, ou séance sur un autre groupe musculaire Sauts, sprints, descentes, charges lourdes sur le muscle touché
7 à 10 Repos actif Marche, mobilité douce, rouleau léger Toute séance structurée sur le muscle touché
Douleur vive, localisée ou asymétrique Arrêter Avis médical si elle persiste Toute charge sur la zone

Ces seuils servent de repères pratiques et ne proviennent pas directement d'un essai. Ils reprennent la recommandation de Cheung et ses collègues (2003) : diminuer l'intensité et la durée pendant 1 à 2 jours après un effort ayant provoqué de fortes courbatures, ou solliciter les parties du corps les moins affectées afin de laisser les muscles les plus atteints récupérer.

Trois questions à vous poser avant la séance

Rassurant
La douleur est-elle diffuse et symétrique ?
Les deux cuisses, les deux pectoraux
Une gêne diffuse dans l'ensemble du muscle, présente des deux côtés et accentuée par l'étirement ou la palpation, correspond au tableau habituel des courbatures.
À surveiller
Diminue-t-elle à l'échauffement ?
Après 10 minutes d'effort léger
Lorsque la gêne diminue clairement après quelques minutes, une séance légère peut être envisagée. Si elle devient plus forte pendant l'échauffement, arrêtez la séance pour aujourd'hui.
Alerte
Est-elle vive, en un point précis ?
Un seul côté, une zone que vous montrez du doigt
Une douleur vive en coup de poignard, apparue pendant l'effort plutôt que le lendemain, fait davantage penser à une atteinte musculaire ou tendineuse qu'à des courbatures.

Quelle séance faire selon votre sport

Pour faire du sport avec des courbatures, la règle reste la même quelle que soit l'activité : conserver le mouvement, tout en supprimant ce qui demande une force maximale ou un contrôle précis du muscle douloureux. La récupération active, sous la forme d'un effort léger et continu, est l'approche la plus simple. Dans leur méta-analyse de 99 études, Dupuy et ses collègues (2018) la classent parmi les méthodes capables de réduire les courbatures, au même titre que le massage, la compression et le froid. Le détail des différentes méthodes figure dans notre article sur les remèdes contre les courbatures classés par niveau de preuve.

Musculation avec courbatures

Sollicitez un autre groupe musculaire : le haut du corps si les jambes sont douloureuses, et inversement. Pour le muscle courbaturé, limitez-vous à 2 à 3 séries légères au maximum, sans aller à l'échec, avec une descente maîtrisée mais sans la ralentir excessivement. Ne cherchez pas à évaluer votre charge maximale ce jour-là.

Course à pied et trail

À la place du fractionné, faites 20 à 40 minutes d'endurance fondamentale sur terrain plat, ou choisissez un vélo souple si les quadriceps sont particulièrement douloureux. Les descentes sont à éviter, car elles imposent les principales contraintes excentriques aux cuisses.

CrossFit, hyrox, circuits

Supprimez les sauts sur box, les burpees et les fentes sautées. Vous pouvez conserver le rameur ou le vélo à intensité modérée, ainsi que le travail technique sans charge. Après une compétition, reportez-vous à notre protocole de récupération hyrox des 72 heures.

Sports collectifs

À l'entraînement, concentrez-vous sur le travail technique et tactique sans contact, sans sprints répétés ni changements de direction soudains. Les jours de match, prévoyez un échauffement plus long que d'ordinaire.

Pourquoi un effort léger procure-t-il un soulagement immédiat ? Zainuddin et ses collègues (2006) ont soumis 14 sujets à 60 contractions excentriques maximales des fléchisseurs du coude. L'un des bras a ensuite réalisé un effort très léger, soit 600 flexions et extensions avec une force minimale, aux jours 1, 2, 3 et 4. Immédiatement après cet effort, la douleur et la sensibilité à la palpation diminuaient d'environ 40 %, tandis que l'amplitude progressait d'environ 5 degrés.

Deux observations doivent toutefois retenir votre attention. Premièrement, la force diminuait d'environ 15 % juste après cet effort léger : un muscle moins douloureux n'est donc pas un muscle plus fort. Deuxièmement, pendant les 7 jours de suivi, aucune différence n'était relevée entre les deux bras pour la force, l'amplitude, la circonférence ou la créatine kinase. L'effort léger procure un soulagement, mais n'accélère pas la réparation. Cheung (2003) aboutissait au même constat : l'exercice constitue le moyen le plus efficace de diminuer la douleur des courbatures, mais cet effet reste temporaire.

Le protocole en 5 étapes

Voici la méthode que nous utilisons pour faire du sport avec des courbatures sans perdre une semaine d'entraînement. Elle prend deux minutes le matin et suppose de rester strict sur l'intensité.

1
Coter la douleur au réveil
Évaluez la douleur de 0 à 10 avec un mouvement du quotidien, par exemple descendre un escalier ou se relever d'une chaise. Assurez-vous qu'elle reste symétrique et diffuse dans le muscle, sans gonflement ni urine foncée. Ce chiffre permet ensuite de déterminer la conduite à tenir.
2
Choisir la séance selon la note
Entre 1 et 3, conservez la séance prévue en retirant 10 à 20 % du volume. Entre 4 et 6, consacrez 20 à 40 minutes à la récupération active ou sollicitez un autre groupe musculaire. Au-delà de 7, limitez-vous à la marche et à une mobilité douce.
3
Allonger l'échauffement
Prévoyez 10 à 15 minutes d'échauffement progressif, contre 5 habituellement. La douleur diminue souvent durant cette période : servez-vous-en pour retrouver de l'amplitude, sans considérer cette amélioration comme la preuve que le muscle peut supporter une charge maximale.
4
Plafonner l'intensité
Supprimez les sprints, les sauts, les descentes rapides et les charges maximales sur le muscle courbaturé. Conservez une intensité qui vous permet de parler en phrases complètes. Si la douleur augmente pendant la séance, arrêtez l'effort.
5
Contrôler le lendemain
Mesurez de nouveau la douleur le lendemain matin, avec le même mouvement. Si elle a diminué ou reste stable, reprenez votre progression habituelle. Si elle a nettement augmenté, poursuivez la récupération active pendant une journée supplémentaire avant de refaire une séance intense.

Après l'entraînement, dix minutes de rouleau sur les zones courbaturées peuvent rendre la suite de la journée plus confortable. Wiewelhove et ses collègues (2019) ont observé une diminution de 6 % de la douleur musculaire lorsque le rouleau était utilisé après l'effort. Les mouvements et les durées sont présentés dans notre guide des exercices au rouleau de massage.

Courbatures et progrès : un mauvais indicateur

De nombreux sportifs prennent les courbatures comme la preuve que la séance a réellement « travaillé ». Cette interprétation est fausse. Damas et ses collègues (2016) ont suivi 10 jeunes hommes pendant 10 semaines de musculation, en réalisant des biopsies du vaste externe et en mesurant la synthèse des protéines musculaires à la première, à la troisième et à la dixième semaine.

Lors de la première semaine, les dégâts musculaires atteignaient leur niveau maximal, tout comme la synthèse des protéines. Pourtant, cette synthèse n'était pas associée à une prise de muscle. Aux semaines 3 et 10, les dégâts avaient nettement diminué et la synthèse des protéines devenait fortement corrélée à l'hypertrophie. L'augmentation de la surface des fibres n'était observée qu'à la dixième semaine. Les auteurs concluent que la prise de muscle vient de l'accumulation des hausses de synthèse qui surviennent surtout une fois les dégâts atténués.

En clair, les premières séances, celles qui provoquent le plus de courbatures, servent principalement à réparer les tissus. Les semaines suivantes, lorsque la douleur devient faible ou disparaît, sont celles où le muscle se construit. Rechercher systématiquement la courbature revient donc à prolonger la phase de réparation.

Les signaux qui imposent l'arrêt

Dans l'immense majorité des situations, les courbatures restent bénignes. Il existe toutefois un tableau qui peut leur ressembler mais qui est plus grave : la rhabdomyolyse d'effort, caractérisée par une destruction musculaire importante libérant le contenu des cellules dans le sang et pouvant mettre la vie en danger. Rawson, Clarkson et Tarnopolsky (2017) rappellent qu'elle reste rare, mais qu'elle peut apparaître lorsqu'un exercice est mal dosé, utilisé comme punition ou pratiqué sans tenir compte des antécédents. Parmi les déclencheurs cités figurent un effort inhabituel, une chaleur extrême, certains médicaments et des troubles génétiques.

Arrêtez et consultez sans attendre si : vos urines deviennent foncées, couleur thé ou cola ; le muscle est gonflé, dur et très douloureux au toucher ; la douleur est disproportionnée par rapport à la séance et continue d'augmenter au-delà du troisième jour ; vous ressentez une faiblesse marquée, des nausées ou une fièvre. Ces signes ne relèvent pas des courbatures.

D'autres signes, moins urgents, doivent également vous conduire à abandonner la séance prévue : douleur articulaire plutôt que musculaire, douleur apparue brutalement pendant l'effort, douleur limitée à un seul côté ou douleur située sur un tendon, comme le tendon d'Achille ou le tendon rotulien. Dans ces situations, faire du sport avec des courbatures n'est plus l'interprétation adaptée du problème.

Ce qui n'est pas prouvé

« Transpirer élimine les courbatures »
Faux. Un effort léger diminue la douleur pendant un certain temps, mais ne modifie ni la récupération de la force ni les marqueurs sanguins au cours de la semaine suivante (Zainuddin, 2006). Il n'y a rien à « éliminer » : l'acide lactique n'est pas responsable des courbatures.
« Il faut s'étirer pour faire passer les courbatures »
La revue Cochrane d'Herbert et ses collègues (2011), portant sur 12 études dont un essai de 2 377 participants, ne montre aucune réduction cliniquement importante de la douleur, que les étirements soient réalisés avant, après ou avant et après l'effort. Une mobilité douce peut rester agréable, mais elle ne constitue pas un traitement.
« Pas de courbatures, pas de progrès »
Faux. La prise de muscle devient mesurable lorsque les dégâts musculaires diminuent, et non lorsqu'ils atteignent leur maximum (Damas, 2016). Une séance productive peut donc ne provoquer aucune douleur le lendemain.
« S'entraîner sur des courbatures double les dégâts »
Faux pour un effort modéré : répéter la même séance excentrique deux puis quatre jours plus tard n'a augmenté ni les dégâts musculaires ni la durée de récupération (Nosaka et Newton, 2002). Le problème concerne la qualité du mouvement, pas le simple fait de solliciter le muscle.

Une limite doit toutefois être gardée en tête : la majorité des essais cités reposent sur de petits groupes, souvent composés de jeunes hommes, et sur des mouvements simples comme la flexion du coude ou l'extension du genou. Les données concernant des sports complexes comme le football, le trail ou le CrossFit restent limitées. Les recommandations de cet article sont donc des déductions prudentes tirées de ces travaux, et non des résultats mesurés dans chaque discipline.

Éviter la prochaine vague de courbatures

La meilleure manière de ne plus vous demander s'il est possible de faire du sport avec des courbatures consiste à réduire leur fréquence. Cheung (2003) constate qu'elles surviennent surtout en début de saison, après une période de coupure et lorsqu'un sportif découvre un nouvel effort. Il conseille d'introduire progressivement les exercices excentriques ou inhabituels sur 1 à 2 semaines.

L'effet de répétition décrit par McHugh (2003) devient alors utile : une première séance modérée protège le muscle lors des séances suivantes. En pratique, après une coupure ou lors d'un changement de programme, commencez avec environ la moitié du volume habituel, puis augmentez progressivement sur deux semaines. Les premières courbatures seront présentes, mais elles seront ensuite nettement moins marquées.

Le sommeil intervient également : une nuit trop courte altère les performances du lendemain, en plus de la baisse de force provoquée par les courbatures. Notre article sur le nombre d'heures de sommeil d'un sportif présente les repères chiffrés. Pour avoir une vision globale des leviers de récupération, consultez également notre guide de la récupération musculaire, qui les classe par cocon.

Rouleaux, balles et bâton de massage

Sélectionnés, testés et approuvés par notre équipe. Dix minutes après la séance pour bouger plus confortablement les jours de courbatures.

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Équipe TheShapebox
Sources scientifiques vérifiées
Chaque étude citée dans cet article a été vérifiée une par une, avec son identifiant PubMed et son DOI. Cet article a une vocation d'information et n'a pas valeur d'avis médical : en cas de douleur inhabituelle, consultez un médecin ou un kinésithérapeute.

Sources scientifiques

  1. Nosaka K, Newton M. Repeated eccentric exercise bouts do not exacerbate muscle damage and repair. J Strength Cond Res. 2002;16(1):117-122. PMID 11834116. doi:10.1519/1533-4287(2002)016<0117:REEBDN>2.0.CO;2
  2. Zainuddin Z, Sacco P, Newton M, Nosaka K. Light concentric exercise has a temporarily analgesic effect on delayed-onset muscle soreness, but no effect on recovery from eccentric exercise. Appl Physiol Nutr Metab. 2006;31(2):126-134. PMID 16604130. doi:10.1139/h05-010
  3. Cheung K, Hume P, Maxwell L. Delayed onset muscle soreness: treatment strategies and performance factors. Sports Med. 2003;33(2):145-164. PMID 12617692. doi:10.2165/00007256-200333020-00005
  4. Torres R, Vasques J, Duarte JA, Cabri JM. Knee proprioception after exercise-induced muscle damage. Int J Sports Med. 2010;31(6):410-415. PMID 20301043. doi:10.1055/s-0030-1248285
  5. Byrne C, Twist C, Eston R. Neuromuscular function after exercise-induced muscle damage: theoretical and applied implications. Sports Med. 2004;34(1):49-69. PMID 14715039. doi:10.2165/00007256-200434010-00005
  6. McHugh MP. Recent advances in the understanding of the repeated bout effect: the protective effect against muscle damage from a single bout of eccentric exercise. Scand J Med Sci Sports. 2003;13(2):88-97. PMID 12641640. doi:10.1034/j.1600-0838.2003.02477.x
  7. Damas F, Phillips SM, Libardi CA, et al. Resistance training-induced changes in integrated myofibrillar protein synthesis are related to hypertrophy only after attenuation of muscle damage. J Physiol. 2016;594(18):5209-5222. PMID 27219125. doi:10.1113/JP272472
  8. Rawson ES, Clarkson PM, Tarnopolsky MA. Perspectives on Exertional Rhabdomyolysis. Sports Med. 2017;47(Suppl 1):33-49. PMID 28332112. doi:10.1007/s40279-017-0689-z
  9. Dupuy O, Douzi W, Theurot D, Bosquet L, Dugué B. An Evidence-Based Approach for Choosing Post-exercise Recovery Techniques to Reduce Markers of Muscle Damage, Soreness, Fatigue, and Inflammation: A Systematic Review With Meta-Analysis. Front Physiol. 2018;9:403. PMID 29755363. doi:10.3389/fphys.2018.00403
  10. Herbert RD, de Noronha M, Kamper SJ. Stretching to prevent or reduce muscle soreness after exercise. Cochrane Database Syst Rev. 2011;(7):CD004577. PMID 21735398. doi:10.1002/14651858.CD004577.pub3
  11. Wiewelhove T, Döweling A, Schneider C, et al. A Meta-Analysis of the Effects of Foam Rolling on Performance and Recovery. Front Physiol. 2019;10:376. PMID 31024339. doi:10.3389/fphys.2019.00376

Questions fréquentes

Quand on a des courbatures, faut-il arrêter l'effort physique ?
Non, pas systématiquement. Les essais indiquent qu'un nouvel effort sur un muscle courbaturé n'augmente ni les dégâts ni le délai de récupération (Nosaka et Newton, 2002). En revanche, la force, l'amplitude et la perception de la position articulaire restent réduites pendant environ 48 heures. Il faut donc diminuer l'intensité, écarter les efforts explosifs sur le muscle concerné et privilégier une séance légère ou un autre groupe musculaire. Un gonflement, une urine foncée ou une douleur vive et localisée imposent l'arrêt.
Est-ce qu'avoir des courbatures est bon signe ?
Ce n'est ni une bonne ni une mauvaise chose, mais c'est un indicateur peu fiable. Les courbatures traduisent surtout un effort inhabituel, particulièrement lorsqu'il comporte une phase excentrique. Damas et ses collègues (2016) ont montré que, durant les premières semaines de musculation, alors que les dégâts musculaires sont les plus importants, la synthèse des protéines ne se traduit pas par une prise de muscle. La progression devient mesurable lorsque les dégâts diminuent. Une séance efficace peut donc ne provoquer aucune courbature.
Quel exercice faire quand on a des courbatures ?
Un effort léger et continu sur le muscle courbaturé, comme 20 à 40 minutes de vélo souple, de marche, de natation tranquille ou de rameur à faible résistance, constitue une option. Vous pouvez aussi choisir une séance sollicitant un autre groupe musculaire. Cheung et ses collègues (2003) conseillent de réduire l'intensité et la durée pendant 1 à 2 jours après un effort ayant provoqué de fortes courbatures, ou de travailler les zones les moins touchées. Écartez les sauts, les sprints et les descentes.
Quand reprendre le sport quand on a des courbatures ?
Vous pouvez réaliser une séance légère dès le lendemain. Pour un travail intense sur le même muscle, attendez que la douleur au réveil soit revenue à 3 sur 10 ou moins et que l'amplitude habituelle soit retrouvée. Les études montrent que la force et la proprioception peuvent rester diminuées jusqu'à environ 48 heures après un effort excentrique intense. Une reprise à pleine charge trop précoce modifie les schémas de recrutement et peut déplacer les contraintes vers les tendons et les ligaments.
Quel est le pire jour pour les courbatures ?
Chez la majorité des sportifs, la douleur n'atteint pas son maximum le soir même, mais plutôt le lendemain ou le surlendemain, avant de diminuer progressivement en quelques jours. C'est souvent à ce moment que la question de la séance se pose. La règle ne change pas : un effort léger reste possible, tandis qu'un effort intense et explosif sur le muscle concerné doit être reporté. Si la douleur continue à augmenter après le troisième jour ou s'accompagne d'un gonflement, consultez.
Faire du sport avec des courbatures accélère-t-il la récupération ?
Il procure un soulagement, mais n'accélère pas la réparation. Zainuddin et ses collègues (2006) ont observé une diminution d'environ 40 % de la douleur juste après un effort léger réalisé sur un bras courbaturé, sans différence sur la récupération de la force ni sur les marqueurs sanguins au cours des jours suivants. L'effort léger sert donc à bouger avec davantage de confort et à maintenir l'entraînement, mais pas à réduire la durée des courbatures.

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