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  • par Louis Brunet
Étirement du psoas en fente basse, genou arrière au sol sur un tapis, vue de profil
Mobilité · Anatomie

Étirement du psoas :
5 exercices, le test de Thomas et ce qui ne marche pas

En bref : la fente genou au sol reste la meilleure position pour étirer le psoas, à une condition que la plupart des tutoriels omettent : la rétroversion du bassin. Sans elle, l'amplitude vient du bas du dos qui se cambre et le psoas ne travaille presque pas. Comptez 45 à 60 secondes par côté, deux fois, quatre à cinq jours par semaine. Le test de Thomas dit en trente secondes si vous en avez réellement besoin. Un psoas ne se bloque pas et ne se débloque pas.

Ce que dit la recherche

  • Sur l'étirement des fléchisseurs de hanche, une durée allant jusqu'à 120 secondes n'entraîne aucune perte de performance ; entre 270 et 480 secondes, la baisse atteint environ 3,59 % (Konrad, 2021, 8 études, 165 sujets).
  • Pour gagner de l'amplitude durablement, le repère est d'au moins 5 minutes cumulées par semaine et par muscle, l'étirement statique faisant mieux que le balistique (Thomas, 2018, 23 études).
  • Les programmes d'étirement ont un effet proche de zéro sur le risque de blessure, quand le renforcement le réduit d'environ deux tiers (Lauersen, 2014, 25 essais, 26 610 participants).
  • Aucune différence significative entre renforcement et étirement pour gagner de l'amplitude articulaire (Afonso, 2021, 11 essais, 452 participants).
2
Muscles dans l'ilio-psoas
30 s
Pour le test de Thomas
120 s
Seuil sans perte de perf
0
Preuve du psoas émotionnel

Ce qu'est le psoas, précisément

Le terme utilisé au quotidien recouvre en fait deux muscles différents qui partagent une terminaison commune. Cette particularité anatomique explique une partie des nombreuses confusions que l'on retrouve sur le sujet.

Muscle 1
Psoas major
De T12 et des vertèbres lombaires au petit trochanter
Il prend naissance sur les corps vertébraux et les disques, traverse le bassin avant de se fixer sur la face interne du fémur. Il constitue le seul muscle reliant directement la colonne lombaire au membre inférieur, ce qui explique son rôle particulier.
Muscle 2
Iliaque
De la fosse iliaque au petit trochanter
Il recouvre la face interne de l'os du bassin et rejoint le psoas pour constituer le tendon commun. Il ne franchit pas la colonne, mais uniquement la hanche. C'est aussi lui qui intervient le plus directement dans les positions d'étirement classiques.
À ne pas confondre
Droit fémoral
Du bassin à la rotule
Ce muscle du quadriceps participe également à la flexion de hanche et traverse le genou. Une grande partie des sensations que l'on attribue au psoas vient en réalité de lui. Pour les différencier, il suffit de plier le genou arrière : cela met le droit fémoral en tension, mais pas le psoas.

Cette anatomie entraîne deux conséquences pratiques. D'abord, comme le psoas possède une insertion lombaire, cambrer le bas du dos pendant l'étirement rapproche ses deux insertions et supprime la véritable mise en tension, même si la sensation semble importante. Ensuite, c'est l'extension de hanche qui étire le psoas, et ce mouvement n'est pertinent que si le bassin reste stable.

Le test de Thomas en 30 secondes

Avant de commencer une routine quotidienne, vérifiez d'abord que la limitation est bien présente. Le test de Thomas est l'examen de référence pour évaluer les fléchisseurs de hanche et vous pouvez le réaliser seul, à domicile.

1
Installez-vous au bord d'une table ou d'un lit ferme
Asseyez-vous à l'extrémité du support, avec les fessiers juste au bord, puis allongez-vous progressivement sur le dos tout en ramenant les deux genoux contre la poitrine.
2
Gardez un genou serré, relâchez l'autre jambe
Gardez un genou fermement plaqué contre le thorax afin de maintenir le bassin en rétroversion, puis laissez l'autre jambe descendre librement dans le vide, sans chercher à la retenir ni à l'accompagner.
3
Lisez le résultat
La cuisse de la jambe libre doit pouvoir descendre au moins jusqu'à l'horizontale, tandis que le genou doit se fléchir autour de 80 à 90 degrés. Si la cuisse reste élevée, le psoas et l'iliaque sont courts. Si la cuisse descend correctement mais que le genou demeure tendu, le droit fémoral est probablement limité. Si la cuisse s'écarte vers l'extérieur, le tenseur du fascia lata peut être impliqué.
Pourquoi ce test change la conduite à tenir
Trois résultats différents mènent à trois routines différentes. Une cuisse qui ne descend pas justifie les exercices ci-dessous. Une cuisse qui descend mais un genou qui refuse de plier oriente vers l'étirement du quadriceps. Et un test normal signifie que la raideur ressentie n'est pas une limitation d'amplitude : dans ce cas, le renforcement en fin de course sert davantage que l'étirement.

La rétroversion, le geste qui change tout

C'est le point que la plupart des contenus sur l'étirement du psoas traitent trop rapidement, alors qu'il détermine pourtant largement le résultat obtenu.

Ce que font la plupart des gens

Placez-vous en fente avec le genou au sol, poussez le bassin vers l'avant et laissez le bas du dos se creuser. Une sensation de tension apparaît bien, mais elle provient surtout de la compression lombaire et de la mise en butée de l'avant de la hanche. Le psoas, lui, reste peu sollicité.

Ce qu'il faut faire

Contractez le fessier du côté de la jambe arrière, ramenez le pubis vers le nombril afin de basculer le bassin en arrière, puis cherchez à allonger le bas du dos. Ce n'est qu'ensuite que vous avancez de deux ou trois centimètres. Le mouvement paraît plus petit, mais la mise en tension est nettement meilleure.

Un contrôle simple consiste à placer une main dans le creux des reins pendant la fente. Si cet espace augmente lorsque vous avancez le bassin, vous avez perdu la rétroversion. Revenez à la position initiale, contractez davantage le fessier et réduisez l'avancée.

Les 5 exercices

1
Fente genou au sol, bassin en rétroversion
Posez le genou arrière sur un coussin, gardez le pied avant à plat avec le tibia avant vertical. Contractez le fessier arrière, placez le bassin en rétroversion, puis avancez de quelques centimètres seulement. La tension doit se faire sentir devant la hanche arrière, au niveau du pli de l'aine. Maintenez 45 à 60 secondes de chaque côté, deux fois. C'est la base de la routine et elle suffit dans la plupart des situations.
2
Fente avec bras levé et inclinaison latérale
À partir de cette même position, levez le bras du côté de la jambe arrière et inclinez légèrement le buste vers le côté opposé. Comme le psoas s'attache aux lombaires, cette inclinaison augmente la tension exercée sur ses fibres supérieures. Conservez la rétroversion durant toute la position. Tenez 45 secondes par côté.
3
Position de Thomas active au bord d'un banc
Reprenez la position utilisée pour le test, avec un genou maintenu contre la poitrine et l'autre jambe laissée dans le vide. La jambe fléchie bloque le bassin, ce qui limite les compensations. Laissez simplement le poids de la jambe agir pendant 60 secondes de chaque côté. Cette variante est particulièrement fiable si vous avez du mal à obtenir une rétroversion correcte debout.
4
Pigeon inversé sur le ventre
Allongez-vous sur le ventre, fléchissez un genou et saisissez la cheville avec la main du même côté. Gardez le bassin plaqué au sol et contractez le fessier afin d'empêcher la cambrure. Cette position sollicite également le droit fémoral, ce qui la rend intéressante lorsque le test de Thomas est positif des deux côtés. Maintenez 45 secondes par côté.
5
Fente avec pied arrière en appui haut
Placez le genou arrière au sol et posez le tibia arrière contre un canapé ou un mur, presque verticalement. C'est la position la plus intense de cette sélection et celle qui offre aussi le plus de possibilités de compensation. Ne l'utilisez qu'après avoir maîtrisé les trois premières et réduisez immédiatement l'amplitude si le bas du dos commence à tirer. Tenez 30 à 45 secondes par côté.

Durée et fréquence

Andreas Konrad et son équipe de l'université de Graz ont publié en 2021 une méta-analyse portant spécifiquement sur l'étirement des fléchisseurs de hanche. Ce type de travail étant assez rare, il mérite d'être cité : huit études regroupant 165 participants. Le résultat pratique repose sur deux seuils.

Volume d'étirement Effet sur la performance Ce qu'on en fait
Jusqu'à 120 secondes Aucune perte mesurée Compatible avec un échauffement, y compris avant une séance de force
270 à 480 secondes Baisse d'environ 3,59 % À réserver aux moments éloignés d'une séance exigeante
Au moins 5 min cumulées par semaine Gain d'amplitude durable Le repère à viser pour progresser (Thomas, 2018)
Étirement balistique Moins efficace sur l'amplitude Préférez la tenue statique pour cet objectif

Concrètement, une routine composée de deux séries de 45 secondes par côté, effectuée quatre à cinq jours par semaine, atteint le volume hebdomadaire utile tout en restant très éloignée du niveau susceptible de réduire la performance. Ajouter davantage de travail n'apporte pas de bénéfice supplémentaire.

Psoas bloqué, psoas émotionnel : le point

Peu de muscles ont suscité autant d'affirmations difficiles à vérifier. Il vaut mieux les examiner directement, car elles conduisent parfois à suivre des routines qui ne correspondent pas au problème réellement rencontré.

« Mon psoas est bloqué, il faut le débloquer »

Un muscle ne se coince pas et ne se déverrouille pas. La sensation décrite correspond à une tension perçue devant la hanche, qui peut venir d'une amplitude réellement réduite, d'une hypertonie liée à la position assise, ou d'une faiblesse en fin de course. Ces trois causes ne se traitent pas de la même façon, ce qui rend le test de Thomas préalable utile.

« Le psoas est le muscle de l'âme, il stocke les émotions »

Cette formule vient d'ouvrages de bien-être, pas de la littérature scientifique. Le stress s'accompagne bien d'une hypertonie musculaire générale, documentée, mais rien n'établit que le psoas stocke ou libère des émotions, ni qu'un étirement produise une décharge émotionnelle spécifique. Le confort ressenti après une séance est réel ; l'explication proposée ne l'est pas.

« Le psoas court est la cause du mal de dos »

Le raisonnement est séduisant : psoas court, bascule du bassin, hyperlordose, douleur. Les données qui relient la posture lombaire à la douleur sont beaucoup plus faibles que ce que le discours courant laisse croire, et beaucoup de personnes très cambrées n'ont jamais mal. L'étirement peut améliorer le confort, il ne règle pas une lombalgie à lui seul.

« Il faut masser le psoas en profondeur à travers le ventre »

Le psoas se trouve derrière les viscères, l'aorte abdominale et les uretères. La pression profonde à travers la paroi abdominale expose à un risque sans bénéfice établi, et elle n'a rien à faire dans une routine d'auto-massage. C'est également une zone que nous listons parmi les interdictions absolues pour les appareils de percussion.

Psoas, position assise et mal de dos

Une position assise prolongée maintient la hanche autour de 90 degrés de flexion et place donc le psoas dans une position raccourcie pendant plusieurs heures. L'hypothèse selon laquelle cette situation finit par raccourcir le muscle est plausible et très répandue, mais elle doit être nuancée sur deux points.

Première nuance : la raideur ressentie au moment de se relever ne signifie pas forcément que l'amplitude a diminué. Le test de Thomas permet de faire la différence : de nombreuses personnes qui décrivent un psoas très raide présentent pourtant un test normal. La sensation existe, mais la limitation n'est pas forcément présente. Dans ce cas, varier régulièrement les positions peut apporter davantage que l'étirement.

Deuxième nuance : l'étirement n'est pas la méthode la mieux documentée pour prévenir la lombalgie. La méta-analyse de Jeppe Bo Lauersen, publiée en 2014 sur 25 essais contrôlés randomisés et 26 610 participants, montre un effet proche de zéro des programmes d'étirement sur le risque de blessure, tandis que les programmes de renforcement le diminuent d'environ deux tiers. Une revue publiée en 2021 aboutit à une observation similaire concernant l'amplitude : sur 11 essais et 452 participants, le renforcement réalisé sur toute l'amplitude obtient des résultats comparables à ceux de l'étirement.

La conclusion la plus raisonnable est donc simple. L'étirement du psoas a son intérêt lorsque le test de Thomas est positif, notamment pour retrouver une extension de hanche utilisable à la marche, à la course et en fente. Il est préférable de l'associer à un travail actif en fin d'amplitude, par exemple des élévations de genou contrôlées et des extensions de hanche debout. Et cela ne dispense pas de se lever régulièrement, qui reste probablement l'action la plus utile de cette routine.

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Équipe TheShapebox
Rédaction TheShapebox · sources scientifiques vérifiées
Cet article n'a pas valeur d'avis médical. Une douleur de hanche ou de bas du dos qui persiste, qui irradie dans la jambe ou qui réveille la nuit demande un avis professionnel.

Sources scientifiques

  1. Konrad A, Močnik R, Titze S, Nakamura M, Tilp M. The Influence of Stretching the Hip Flexor Muscles on Performance Parameters. A Systematic Review with Meta-Analysis. Int J Environ Res Public Health. 2021;18(4):1936. PMID 33671271. doi:10.3390/ijerph18041936
  2. Thomas E, Bianco A, Paoli A, Palma A. The Relation Between Stretching Typology and Stretching Duration: The Effects on Range of Motion. Int J Sports Med. 2018;39(4):243-254. PMID 29506306. doi:10.1055/s-0044-101146
  3. Lauersen JB, Bertelsen DM, Andersen LB. The effectiveness of exercise interventions to prevent sports injuries: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. Br J Sports Med. 2014;48(11):871-877. PMID 24100287. doi:10.1136/bjsports-2013-092538
  4. Afonso J, Ramirez-Campillo R, Moscão J, et al. Strength Training versus Stretching for Improving Range of Motion: A Systematic Review and Meta-Analysis. Healthcare (Basel). 2021;9(4):427. PMID 33917036. doi:10.3390/healthcare9040427
  5. Behm DG, Blazevich AJ, Kay AD, McHugh M. Acute effects of muscle stretching on physical performance, range of motion, and injury incidence in healthy active individuals: a systematic review. Appl Physiol Nutr Metab. 2016;41(1):1-11. PMID 26642915. doi:10.1139/apnm-2015-0235
  6. Hausswirth C. (dir.) Récupération et performance en sport. Paris, INSEP Éditions, 2010. ISBN 978-2-86580-182-4.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur étirement pour le psoas ?
La fente genou au sol, à condition d'y intégrer la rétroversion du bassin. Sans ce positionnement, l'amplitude provient de la cambrure lombaire et le psoas est très peu mis en tension. La bonne séquence est la suivante : genou arrière au sol, fessier arrière contracté, bassin basculé vers l'arrière, puis avancée du bassin de seulement quelques centimètres. La tension doit apparaître devant la hanche arrière, au niveau du pli de l'aine, jamais dans les lombaires.
Comment débloquer mon psoas ?
Le psoas ne se bloque pas mécaniquement au sens strict. Un muscle ne se coince pas puis ne se débloque pas en une seule séance. Ce que l'on décrit comme un psoas bloqué correspond généralement à une sensation de raideur à l'avant de la hanche, souvent après une station assise prolongée, et parfois davantage liée à une faiblesse qu'à une véritable rétraction. La démarche utile consiste à vérifier l'amplitude avec le test de Thomas, à étirer régulièrement si le test est positif et à travailler les fléchisseurs de hanche en amplitude lorsque la limitation reste faible.
Quels sont les symptômes d'un psoas tendu ?
Une gêne à l'avant de la hanche en fin d'extension, une difficulté à rester debout longtemps sans cambrer, une sensation de traction lors des premiers pas après une longue position assise ou parfois une impression de blocage dans le haut de la cuisse pendant la montée du genou. Ces symptômes restent peu spécifiques : ils peuvent également correspondre à une tendinopathie du psoas, à un conflit de hanche ou à une lombalgie commune. Le test de Thomas permet d'abord de vérifier si l'amplitude est réellement réduite avant d'en tirer une conclusion.
Combien de temps faut-il étirer le psoas ?
Comptez 45 à 60 secondes par côté, deux fois, quatre à cinq jours par semaine. Une méta-analyse publiée en 2021 sur l'étirement des fléchisseurs de hanche indique qu'une durée allant jusqu'à 120 secondes ne provoque aucune perte de performance, alors qu'un volume compris entre 270 et 480 secondes est associé à une baisse d'environ 3,59 %. Il n'est donc pas utile d'accumuler de longues tenues avant une séance.
L'étirement du psoas soulage-t-il le mal de dos ?
Parfois, sur le plan du confort, mais cela ne traite pas l'origine du problème. L'hypothèse selon laquelle un psoas court ferait basculer le bassin et provoquerait une lombalgie est très répandue, mais les données qui la soutiennent restent faibles : le lien entre posture lombaire et douleur est beaucoup moins direct que le discours courant ne le suggère. Un étirement régulier peut améliorer les sensations, tandis que l'activité physique régulière associée au renforcement reste la stratégie la mieux documentée pour limiter les récidives de lombalgie.
Peut-on étirer le psoas pendant la grossesse ?
En général, oui pour les variantes douces, mais la décision doit être prise avec la sage-femme ou le kinésithérapeute qui accompagne la grossesse. Les positions sur le ventre sont à éviter après le premier trimestre, tandis que la fente genou au sol avec rétroversion reste souvent la plus facile à réaliser. Comme la laxité ligamentaire augmente pendant la grossesse, l'amplitude ressentie peut dépasser ce qui est nécessaire : restez donc clairement en dessous de la limite.

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