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Sportif de dos sur un toit en ville, shaker à la main après la séance : créatine avant ou après le sport
Nutrition de la récupération · Timing et dose

Créatine avant ou après le sport :
le timing tranché par les études

À retenir : le choix entre créatine avant ou après le sport a peu d'incidence sur les résultats. Son action repose sur les réserves qui s'accumulent dans les muscles au fil des jours, et non sur un effet immédiat pendant la séance. Les deux essais ayant comparé directement les horaires ne relèvent aucune différence significative. Ils suggèrent tout au plus un avantage léger, qualifié de « possible », pour la prise après l'effort. Les facteurs les plus déterminants restent une dose régulière de 3 à 5 g par jour, y compris les jours de repos, et une prise avec un repas contenant des glucides et des protéines, qui augmente la rétention d'environ 25 %. Après l'entraînement constitue donc une option pratique, à condition de ne manquer aucune prise.

Créatine avant ou après le sport : ce que dit la recherche

  • Chez 19 pratiquants de musculation, 5 g pris juste avant ou juste après la séance pendant 4 semaines donnent des gains de masse maigre et de force sans différence significative (Antonio 2013).
  • Chez 22 adultes âgés suivis 12 semaines, la créatine prise avant ou après l'entraînement produit les mêmes gains de muscle et de force (Candow 2014).
  • Une revue de 2021 juge les indices favorables à la prise après l'effort, mais trop fragiles pour conclure (Ribeiro 2021).
  • Avec environ 50 g de protéines et 47 g de glucides, le corps retient environ 25 % de créatine en plus (Steenge 2000).
  • 3 g par jour pendant 28 jours remplissent le muscle autant que 20 g par jour pendant 6 jours, soit une hausse d'environ 20 % (Hultman 1996).
0
différence significative entre avant et après dans les deux essais directs
3 à 5 g
par jour, dose d'entretien de référence
+25 %
de créatine retenue avec un repas glucides et protéines
28 jours
pour remplir le muscle sans phase de charge

Créatine avant ou après le sport : la réponse courte

Dans les salles de musculation, la question revient souvent : vaut-il mieux prendre sa créatine avant la séance pour « avoir de la force », ou après pour « mieux récupérer » ? Les résultats scientifiques sont moins tranchés que les discussions sur les forums. L'influence de l'horaire autour de l'entraînement reste faible, voire inexistante, et bien moins importante que la régularité. Un sportif qui prend sa dose tous les jours à heure fixe en tirera davantage de bénéfices qu'un autre qui cherche le créneau idéal, mais oublie une prise un jour sur trois.

Pour une consigne simple, prenez votre créatine après l'entraînement, avec votre repas ou votre collation de récupération, puis conservez le même horaire les jours de repos. Ce conseil ne s'appuie pas sur une preuve solide. Il combine deux avantages modestes : un essai qui penche légèrement en faveur de la prise après la séance, et une association naturelle avec des glucides et des protéines, qui favorise la rétention de créatine par l'organisme. La suite de cet article explique les raisons de ce choix et les cas où la règle change.

Cet article porte exclusivement sur la créatine. Pour choisir le moment des repas et des protéines autour de l'effort, retrouvez notre guide manger avant ou après le sport selon votre objectif. Pour situer la créatine parmi les autres compléments, consultez également notre classement des compléments de récupération par niveau de preuve.

Pourquoi l'horaire compte peu : la créatine agit par le stock

La créatine ne fonctionne pas comme un stimulant. Contrairement à la caféine, elle ne fournit pas un surplus d'énergie dans l'heure suivant sa prise. Après absorption, elle se stocke dans les muscles sous deux formes : la créatine libre et la phosphocréatine. Cette dernière constitue une réserve permettant de régénérer rapidement l'ATP pendant les efforts brefs et intenses. La supplémentation vise précisément à augmenter ce réservoir énergétique : plus les réserves sont importantes, plus vous pouvez enchaîner des efforts courts à haute intensité.

Les mesures réalisées par Harris et son équipe en 1992 permettent de quantifier cet effet. Après une dose de 5 g, la créatine sanguine atteint un pic d'environ 795 µmol/l au bout d'une heure. Cette quantité correspond à la créatine présente dans 1,1 kg de steak cru. En répétant cette prise quatre à six fois par jour pendant au moins deux jours, la quantité totale de créatine dans le quadriceps augmente nettement, jusqu'à 50 % chez certaines personnes, en particulier celles dont les réserves initiales sont faibles. L'absorption musculaire est maximale durant les deux premiers jours. Ensuite, les réserves approchent de leur plafond et les reins éliminent une proportion croissante de la dose.

Ce plafond permet de comprendre le cœur du débat sur l'horaire. Une fois les réserves musculaires constituées, ce qui prend quelques jours à quelques semaines selon la dose, leur niveau reste stable si vous continuez à prendre une petite quantité de créatine chaque jour. L'étude de Hultman (1996) l'illustre : après une phase de charge à 20 g par jour pendant 6 jours, une dose de 2 g par jour suffit à maintenir les réserves pendant 30 jours. En revanche, l'arrêt de la supplémentation ramène leur niveau initial en un mois. Que vous preniez votre dose une heure avant ou une heure après la séance, les réserves restent donc pleines dans les deux cas.

Le point à comprendre : vos performances pendant une séance dépendent des réserves accumulées les jours précédents, et non de la gélule prise 30 minutes avant l'effort. Voilà pourquoi les études comparant les prises avant et après l'entraînement constatent si peu de différences.

Créatine avant ou après le sport : ce que montrent les essais

Les comparaisons directes entre les deux horaires restent rares et reposent sur de petits échantillons. Pour interpréter correctement leurs résultats, gardez leurs effectifs à l'esprit : la plupart des affirmations publiées ailleurs sur ce sujet s'appuient sur ces quelques travaux.

La première étude, menée par Antonio et Ciccone (2013), a porté sur 19 pratiquants de musculation suivis pendant 4 semaines, avec cinq séances hebdomadaires. Un groupe prenait 5 g juste avant l'entraînement, tandis que l'autre consommait la même dose juste après. Les jours de repos, les participants choisissaient librement leur horaire. Les deux groupes ont progressé en masse maigre et en force au développé couché, sans interaction significative entre le groupe et le temps. Une approche statistique moins stricte, appelée inférence par la magnitude, suggère toutefois un avantage « possible » de la prise après la séance : le gain de masse maigre atteint +2,0 kg contre +0,9 kg, et celui au développé couché +7,6 kg contre +6,6 kg.

La deuxième étude, réalisée par Candow et ses collègues (2014), a inclus des adultes âgés en bonne santé, répartis en deux groupes de 11 personnes. Pendant 12 semaines, ils ont suivi trois séances de musculation encadrées par semaine. Les participants recevaient 0,1 g de créatine par kilo de poids corporel avant l'entraînement et un placebo après, ou suivaient le protocole inverse. Les deux groupes ont gagné en masse maigre, en épaisseur musculaire et en force du haut comme du bas du corps. Aucune différence n'a été constatée entre les deux protocoles, et la fonction rénale est restée stable.

Étude Participants Protocole Résultat avant contre après
Antonio et Ciccone 2013 19 hommes, musculation 5 g avant ou après, 4 semaines Pas de différence significative ; avantage « possible » après (masse maigre +2,0 contre +0,9 kg)
Candow 2014 22 adultes âgés 0,1 g/kg avant ou après, 12 semaines Gains identiques de muscle et de force
Forbes 2021 (méta-analyse) Adultes âgés Créatine les seuls jours d'entraînement Gains de masse maigre et de force supérieurs au placebo
Ribeiro 2021 (revue) Synthèse des essais Avant, pendant ou après l'effort Léger avantage après, conclusion impossible en l'état

La revue de Ribeiro (2021) analyse ces résultats ainsi que les quelques autres travaux consacrés à la prise de créatine pendant l'effort. Les auteurs identifient certains indices en faveur d'une prise après l'exercice, mais soulignent que les limites méthodologiques ne permettent pas de tirer une conclusion solide. Aucune donnée physiologique ne démontre actuellement que l'horaire modifie les quantités de créatine stockées dans les muscles. D'autres facteurs influencent clairement la réponse à la supplémentation : le niveau initial de créatine, la proportion et la taille des fibres rapides, les apports alimentaires en créatine, l'âge et l'exercice pratiqué.

Un autre résultat permet de remettre l'horaire en perspective. La méta-analyse de Forbes (2021), consacrée aux adultes âgés pratiquant la musculation, indique que la prise de créatine uniquement les jours d'entraînement permet déjà d'obtenir davantage de masse maigre et de force qu'un placebo. Puisque ce protocole produit des résultats, l'heure précise de la prise lors de ces mêmes journées ne peut pas constituer le facteur déterminant.

Le vrai levier : la prendre avec des glucides et des protéines

Si vous devez prêter attention à un paramètre de la prise, regardez d'abord ce que vous mangez avec votre créatine plutôt que l'heure choisie. Son passage dans les muscles est facilité par l'insuline, une hormone libérée après un repas contenant des glucides.

Green et ses collègues (1996) ont quantifié ce phénomène par biopsie chez 24 hommes. Le premier groupe consommait 5 g de créatine dans de l'eau, quatre fois par jour pendant 5 jours. Le second prenait la même dose, puis 93 g de sucres simples 30 minutes plus tard. L'augmentation de la créatine totale dans les muscles était 60 % plus importante avec les glucides, tandis que l'élimination urinaire diminuait. Cette quantité de sucre, proche de 100 g à chaque prise, reste toutefois difficile à intégrer régulièrement dans l'alimentation quotidienne.

L'étude de Steenge (2000) propose une solution plus facile à appliquer. Chez 12 hommes, l'association de 5 g de créatine avec environ 50 g de protéines et 47 g de glucides a provoqué une réponse insulinique comparable à celle obtenue avec 96 g de glucides. Elle a aussi augmenté la rétention de créatine d'environ 25 % par rapport à une prise presque dépourvue de glucides. Les auteurs précisent cependant que l'effet de l'insuline diminue dès les premières 24 heures de supplémentation. Cet avantage est donc surtout visible au début, pendant la constitution des réserves musculaires.

Dans la pratique, votre repas ou votre collation après l'entraînement répond déjà à ces conditions. Vous pouvez opter pour un bol de riz avec du poulet, un yaourt accompagné de flocons d'avoine et d'une banane, ou encore un verre de lait avec du pain. Notre article que manger après le sport présente des exemples avec leurs valeurs chiffrées. Si vous préférez une boisson après l'effort, vous pouvez également intégrer la créatine aux recettes de notre boisson de récupération maison.

Ce que cela implique pour le timing : si la prise après l'entraînement est pratique, ce n'est pas parce que les muscles seraient alors plus réceptifs à la créatine. C'est surtout parce qu'elle coïncide avec un repas riche en glucides et en protéines. Une prise au petit déjeuner ou au déjeuner produit le même effet si elle s'accompagne d'un repas comparable.

Créatine et café : faut-il espacer les deux ?

De nombreux sportifs mélangent leur créatine à un préentraînement riche en caféine ou la prennent avec leur café du matin. Une ancienne étude a soulevé des interrogations sur cette association. Vandenberghe et ses collègues (1996) ont administré à 9 hommes 0,5 g de créatine par kilo et par jour pendant 6 jours, seule ou associée à 5 mg de caféine par kilo et par jour. Dans les deux conditions, la phosphocréatine du mollet a progressé de 4 à 6 %. Pourtant, avec la créatine seule, la force mesurée lors d'un test répété des extenseurs du genou augmentait de 10 à 23 %. Ce gain disparaissait complètement lorsque la caféine était ajoutée.

Une étude plus récente, celle de Trexler (2016), menée auprès de 54 hommes actifs, n'a pas retrouvé le même résultat. Après 5 jours de phase de charge à 20 g par jour, avec ou sans 300 mg de caféine pure ou sous forme de café, aucun groupe n'a surpassé le placebo sur les mesures de force et de sprint. Quatre participants ont rapporté une gêne digestive légère après avoir associé créatine et caféine. Aucun participant des autres groupes n'a signalé ce problème.

Ces deux études portent sur des phases de charge à forte dose, durant moins d'une semaine, et non sur une supplémentation quotidienne de 3 à 5 g pendant plusieurs mois. Elles ne permettent donc pas de conclure que votre café annule les effets de la créatine. Par précaution, et puisque cette mesure ne présente aucun coût particulier, vous pouvez espacer les deux prises de quelques heures pendant une phase de charge. Si vous les associez, surveillez également votre tolérance digestive.

Dose, phase de charge et délai d'effet

La créatine monohydrate est la forme utilisée dans la grande majorité des essais scientifiques. La position de l'International Society of Sports Nutrition (Kreider 2017) indique qu'un apport habituel d'environ 3 g par jour présente des bénéfices. Elle précise aussi que des doses pouvant atteindre 30 g par jour pendant 5 ans ont été bien tolérées chez des personnes en bonne santé. Dans sa revue de 2021, le même groupe (Antonio 2021) retient une dose de 3 à 5 g par jour, ou de 0,1 g par kilo de poids corporel.

Deux protocoles permettent de remplir les réserves musculaires, avec un résultat final comparable. Dans son étude de 1996, Hultman a observé une augmentation d'environ 20 % de la créatine musculaire totale après 6 jours à 20 g par jour. La même progression a été obtenue plus lentement après 28 jours à 3 g par jour. La phase de charge permet donc simplement d'atteindre ce niveau plus rapidement, notamment lorsqu'une compétition approche.

Stratégie Dose Délai pour remplir le muscle Pour qui
Dose quotidienne 3 à 5 g par jour Environ 4 semaines La plupart des sportifs
Phase de charge 20 g par jour en 4 prises de 5 g, 5 à 7 jours, puis 3 à 5 g Environ 1 semaine Échéance proche, bonne tolérance digestive
Dose selon le poids 0,1 g par kilo et par jour Quelques semaines Gabarits très légers ou très lourds
Arrêt Aucune prise Retour au niveau de départ en un mois environ Pause, changement d'objectif

Pendant une phase de charge, le choix de l'horaire devient secondaire : quatre prises de 5 g réparties dans la journée, de préférence avec les repas, couvrent naturellement les périodes avant et après l'entraînement. Une légère hausse du poids est également possible. Powers et ses collègues (2003) ont étudié 32 hommes et femmes pratiquant la musculation. Après 7 jours à 25 g puis 21 jours à 5 g, ils ont observé une augmentation de la masse corporelle et de l'eau totale de l'organisme, sans modification de la répartition entre l'eau intracellulaire et l'eau extracellulaire. Il s'agit d'eau retenue dans les muscles avec la créatine, et non d'une prise de graisse.

Le délai avant de ressentir les effets dépend du temps nécessaire au remplissage des réserves. Avec une dose quotidienne classique, comptez environ quatre semaines pour atteindre ce niveau et commencer à évaluer les changements sur vos charges ou vos sprints. Une phase de charge permet de constituer les réserves en une semaine environ.

Selon votre sport et votre profil

Les effets de la créatine varient selon les personnes et les disciplines sportives. La méta-analyse de Lanhers (2015), qui rassemble 60 essais contre placebo et près de 1 300 participants, montre une amélioration de la force des membres inférieurs lors d'efforts de moins de 3 minutes. La taille d'effet atteint 0,336 au squat et 0,297 à la presse, quels que soient la population, le protocole ou la dose étudiés. La revue de Wax (2021) indique également que la créatine peut améliorer la récupération entre deux efforts intenses. En revanche, les résultats restent contradictoires pour l'endurance continue et les sports dans lesquels un poids supplémentaire constitue un handicap.

Musculation et force

C'est le profil le mieux étudié, et celui où la question créatine avant ou après le sport revient le plus. Prenez la dose après la séance avec votre repas de récupération, et à heure fixe les jours de repos. L'avantage de l'après reste « possible », pas démontré.

3 à 5 g par jour

Sports collectifs, crossfit, hyrox

Les efforts répétés à haute intensité sont le terrain naturel de la créatine. Visez la régularité plus que l'horaire, avec une prise au repas qui suit l'entraînement.

3 à 5 g par jour

Course, trail, endurance

Les données sont contradictoires sur l'effort continu, et le kilo d'eau stocké peut gêner en montée. À réserver aux blocs de fractionné ou de musculation, sans attente particulière.

Intérêt incertain

Végétariens et végétaliens

Leur créatine musculaire de départ est plus basse (117 contre 130 mmol/kg chez Burke 2003) et ils répondent davantage : gains de stock, de masse maigre et de travail plus marqués.

5 g par jour au début

Plus de 50 ans

Sur 22 essais et 721 participants de 57 à 70 ans en moyenne, la créatine ajoute 1,37 kg de masse maigre et de la force au programme de musculation (Chilibeck 2017). Avant ou après la séance donne le même résultat (Candow 2014).

0,1 g/kg les jours de séance au minimum

Pour les sportifs qui enchaînent les séances lourdes, l'étude de Cooke (2009) apporte des éléments intéressants sur la récupération. Quatorze hommes non entraînés ont pris de la créatine avec des glucides pendant les 5 jours précédant une séance excentrique très intense pour les jambes, puis pendant les 14 jours suivants. Durant la récupération, leur force d'extension du genou était supérieure de 10 % en isocinétique et de 21 % en isométrique à celle du groupe ayant consommé uniquement des glucides. La créatine kinase sanguine était également 84 % plus basse entre 48 heures et 7 jours. Cet essai reste limité par son faible effectif, mais ses résultats suggèrent un retour plus rapide à la normale. Nous abordons cette question pour les jambes dans notre article sur le nombre de jours de repos entre deux séances de jambes.

Quand prendre la créatine : le protocole en 5 étapes

Voici comment organiser simplement votre supplémentation en créatine à partir des résultats présentés. Plutôt que de rechercher une heure parfaite, concentrez-vous sur les facteurs qui compromettent réellement son efficacité : les oublis, la prise à jeun et l'absence de supplémentation les jours de repos.

1
Choisissez la créatine monohydrate
Cette forme est celle qui apparaît dans presque tous les essais cités dans cet article. Sous forme de poudre sans arôme, elle se dose facilement avec une cuillère et peut être mélangée à une boisson ou à un yaourt.
2
Fixez votre dose quotidienne
Prenez 3 g par jour, ou 5 g si vous êtes végétarien ou avez un gabarit lourd, ce qui correspond à environ 0,1 g par kilo de poids corporel. Réservez la phase de charge à 20 g par jour, répartis en quatre prises pendant 5 à 7 jours, aux situations où une échéance approche dans moins d'un mois.
3
Prenez-la après la séance, avec le repas
Prenez votre dose avec le repas ou la collation qui suit l'entraînement, en associant environ 50 g de glucides et des protéines. Si vous vous entraînez tard ou à jeun, vous pouvez attendre le repas suivant : le résultat sera comparable.
4
Gardez la même heure les jours de repos
Les jours de repos, conservez votre dose habituelle et prenez-la à la même heure, avec un repas. Cette régularité permet de maintenir les réserves musculaires. Sans prise quotidienne, elles reviennent à leur niveau initial en un mois environ.
5
Jugez l'effet après quatre semaines
Relevez vos charges de travail et vos temps de sprint avant de commencer, puis faites une nouvelle comparaison après quatre semaines. Ne tirez pas de conclusion sur les deux premières semaines. Évitez également de juger les résultats uniquement à partir du poids affiché sur la balance, qui augmente d'abord sous l'effet de l'eau stockée.

Ce qui n'est pas prouvé

Les discours commerciaux autour du timing de la créatine promettent souvent des résultats que les études ne confirment pas. Voici les affirmations qui ne sont pas étayées par les données disponibles, ou qui restent à démontrer.

« Prise avant la séance, la créatine donne de la force tout de suite »

La créatine ne fonctionne pas comme un stimulant. Son effet dépend du stock constitué sur plusieurs jours, et les deux essais directs ne trouvent pas d'avantage à la prise avant l'effort.

« Après l'effort, une fenêtre de 30 minutes à ne pas rater »

L'existence même d'une fenêtre anabolique stricte après l'effort est remise en cause pour les protéines (Aragon 2013), et aucune donnée physiologique ne la démontre pour la créatine (Ribeiro 2021).

« Il faut la prendre à jeun pour mieux l'absorber »

C'est l'inverse : avec des glucides, ou des glucides et des protéines, le corps retient davantage de créatine (Green 1996, Steenge 2000).

« La créatine provoque des crampes et déshydrate »

Chez des footballeurs américains universitaires suivis une saison, les utilisateurs de créatine ont eu moins de crampes, de coups de chaleur et de blessures musculaires (Greenwood 2003). L'étude était ouverte, sans tirage au sort, et ne prouve pas un effet protecteur, mais elle ne montre aucun surcroît de crampes. Pour les crampes du mollet, voyez notre article sur les causes et remèdes de la crampe au mollet.

« Une forme plus chère se passe de phase de charge et d'horaire »

La monohydrate reste la référence des essais. Les formes plus coûteuses n'ont pas montré, dans les sources que nous avons vérifiées, d'avantage sur le stockage musculaire.

Précautions avant de commencer

Chez les adultes en bonne santé, la créatine figure parmi les compléments dont la sécurité a été largement étudiée. Des doses allant jusqu'à 30 g par jour pendant 5 ans n'ont pas entraîné de problème relevé dans les données citées par Kreider (2017). De son côté, l'étude de Candow (2014) a constaté une fonction rénale stable chez les adultes âgés. Certaines situations nécessitent néanmoins un avis médical avant toute supplémentation.

Demandez l'avis de votre médecin en cas de maladie rénale, de traitement susceptible d'agir sur les reins, de grossesse ou d'allaitement, ainsi que si vous avez moins de 18 ans. Pensez également à signaler votre supplémentation avant une prise de sang. Comme l'a montré l'étude de Trexler (2016), la créatine peut augmenter la créatinine sanguine et compliquer l'interprétation d'un bilan rénal.

La qualité du produit mérite aussi votre attention. Les compléments vendus en ligne ne font pas tous l'objet des mêmes contrôles. Notre guide des compléments pour la récupération détaille notamment les risques de contamination. Pour mieux comprendre les effets et les risques de la créatine, consultez également notre article créatine : bénéfices et dangers pour le sport. Gardez enfin à l'esprit que ce complément ne remplace ni un sommeil suffisant ni une bonne gestion de la charge d'entraînement. Nos repères sur le temps de sommeil d'un sportif montrent que ces paramètres comptent tout autant pour récupérer.

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Voir les programmes

La créatine constitue une option parmi d'autres pour retrouver vos capacités après un effort intense. Pour comparer ses effets à ceux du froid, de la compression ou du massage, consultez notre classement des leviers d'une récupération rapide. Vous retrouverez ensuite l'ensemble de nos recommandations dans le dossier nutrition et récupération sportive.

TS
Équipe TheShapebox
Récupération sportive et performance physique
Nos guides s'appuient sur des études publiées et vérifiées une par une, avec leur niveau de preuve. Cet article est informatif et n'a pas valeur d'avis médical. En cas de maladie rénale, de grossesse, de traitement en cours ou avant 18 ans, demandez l'avis de votre médecin avant de prendre de la créatine.

Sources scientifiques

  1. Antonio J, Ciccone V. The effects of pre versus post workout supplementation of creatine monohydrate on body composition and strength. J Int Soc Sports Nutr. 2013;10:36. PMID 23919405. doi:10.1186/1550-2783-10-36
  2. Candow DG, Zello GA, Ling B, et al. Comparison of creatine supplementation before versus after supervised resistance training in healthy older adults. Res Sports Med. 2014;22(1):61-74. PMID 24392772. doi:10.1080/15438627.2013.852088
  3. Ribeiro F, Longobardi I, Perim P, et al. Timing of Creatine Supplementation around Exercise: A Real Concern? Nutrients. 2021;13(8):2844. PMID 34445003. doi:10.3390/nu13082844
  4. Forbes SC, Candow DG, Ostojic SM, Roberts MD, Chilibeck PD. Meta-Analysis Examining the Importance of Creatine Ingestion Strategies on Lean Tissue Mass and Strength in Older Adults. Nutrients. 2021;13(6):1912. PMID 34199420. doi:10.3390/nu13061912
  5. Harris RC, Söderlund K, Hultman E. Elevation of creatine in resting and exercised muscle of normal subjects by creatine supplementation. Clin Sci (Lond). 1992;83(3):367-374. PMID 1327657. doi:10.1042/cs0830367
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  7. Green AL, Hultman E, Macdonald IA, Sewell DA, Greenhaff PL. Carbohydrate ingestion augments skeletal muscle creatine accumulation during creatine supplementation in humans. Am J Physiol. 1996;271(5 Pt 1):E821-6. PMID 8944667. doi:10.1152/ajpendo.1996.271.5.e821
  8. Steenge GR, Simpson EJ, Greenhaff PL. Protein- and carbohydrate-induced augmentation of whole body creatine retention in humans. J Appl Physiol (1985). 2000;89(3):1165-1171. PMID 10956365. doi:10.1152/jappl.2000.89.3.1165
  9. Vandenberghe K, Gillis N, Van Leemputte M, et al. Caffeine counteracts the ergogenic action of muscle creatine loading. J Appl Physiol (1985). 1996;80(2):452-457. PMID 8929583. doi:10.1152/jappl.1996.80.2.452
  10. Trexler ET, Smith-Ryan AE, Roelofs EJ, et al. Effects of Coffee and Caffeine Anhydrous Intake During Creatine Loading. J Strength Cond Res. 2016;30(5):1438-1446. PMID 26439785. doi:10.1519/jsc.0000000000001223
  11. Kreider RB, Kalman DS, Antonio J, et al. International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation in exercise, sport, and medicine. J Int Soc Sports Nutr. 2017;14:18. PMID 28615996. doi:10.1186/s12970-017-0173-z
  12. Antonio J, Candow DG, Forbes SC, et al. Common questions and misconceptions about creatine supplementation: what does the scientific evidence really show? J Int Soc Sports Nutr. 2021;18(1):13. PMID 33557850. doi:10.1186/s12970-021-00412-w
  13. Powers ME, Arnold BL, Weltman AL, et al. Creatine Supplementation Increases Total Body Water Without Altering Fluid Distribution. J Athl Train. 2003;38(1):44-50. PMID 12937471.
  14. Lanhers C, Pereira B, Naughton G, et al. Creatine Supplementation and Lower Limb Strength Performance: A Systematic Review and Meta-Analyses. Sports Med. 2015;45(9):1285-1294. PMID 25946994. doi:10.1007/s40279-015-0337-4
  15. Wax B, Kerksick CM, Jagim AR, Mayo JJ, Lyons BC, Kreider RB. Creatine for Exercise and Sports Performance, with Recovery Considerations for Healthy Populations. Nutrients. 2021;13(6):1915. PMID 34199588. doi:10.3390/nu13061915
  16. Burke DG, Chilibeck PD, Parise G, et al. Effect of creatine and weight training on muscle creatine and performance in vegetarians. Med Sci Sports Exerc. 2003;35(11):1946-1955. PMID 14600563. doi:10.1249/01.mss.0000093614.17517.79
  17. Chilibeck PD, Kaviani M, Candow DG, Zello GA. Effect of creatine supplementation during resistance training on lean tissue mass and muscular strength in older adults: a meta-analysis. Open Access J Sports Med. 2017;8:213-226. PMID 29138605. doi:10.2147/oajsm.s123529
  18. Cooke MB, Rybalka E, Williams AD, Cribb PJ, Hayes A. Creatine supplementation enhances muscle force recovery after eccentrically-induced muscle damage in healthy individuals. J Int Soc Sports Nutr. 2009;6:13. PMID 19490606. doi:10.1186/1550-2783-6-13
  19. Greenwood M, Kreider RB, Greenwood L, Byars A. Cramping and Injury Incidence in Collegiate Football Players Are Reduced by Creatine Supplementation. J Athl Train. 2003;38(3):216-219. PMID 14608430.
  20. Aragon AA, Schoenfeld BJ. Nutrient timing revisited: is there a post-exercise anabolic window? J Int Soc Sports Nutr. 2013;10(1):5. PMID 23360586. doi:10.1186/1550-2783-10-5

Questions fréquentes

Quel est le meilleur moment pour prendre de la créatine ?
Le meilleur horaire est celui que vous pouvez respecter chaque jour. Les essais comparant la créatine avant ou après le sport ne montrent aucune différence significative, même si la prise après l'effort présente un léger avantage possible. Prenez-la donc après votre séance, avec un repas de récupération contenant des glucides et des protéines, puis gardez le même horaire les jours de repos. Le petit déjeuner ou le déjeuner conviennent également, à condition de prendre votre dose quotidiennement avec un repas.
Quand la créatine commence-t-elle à faire effet ?
Les effets dépendent du remplissage des réserves musculaires. Selon l'étude de Hultman de 1996, une dose de 3 g par jour permet d'obtenir une augmentation d'environ 20 % de la créatine musculaire après environ 28 jours. Avec une phase de charge de 20 g par jour, ce niveau est atteint en 6 jours environ. Prévoyez donc quatre semaines de supplémentation régulière avant d'évaluer vos performances sur les charges ou les sprints. Ne vous fiez pas uniquement à la balance, car la hausse initiale du poids provient surtout de l'eau stockée dans les muscles.
Faut-il prendre la créatine tous les jours, même sans sport ?
Oui, si vous souhaitez maintenir les réserves musculaires. Une petite dose quotidienne suffit à entretenir le stock, tandis qu'après l'arrêt de la supplémentation, celui-ci retrouve son niveau initial en un mois environ. Une méta-analyse de 2021 portant sur des adultes âgés montre toutefois qu'une prise limitée aux jours d'entraînement apporte déjà davantage de masse maigre et de force qu'un placebo. La prise quotidienne reste la méthode la plus simple à suivre et vous évite de devoir vérifier chaque matin si vous devez prendre votre dose selon que vous vous entraînez ou non.
Peut-on prendre la créatine avec un café ?
Les résultats des études ne concordent pas. En 1996, un essai mené auprès de 9 hommes en phase de charge a montré que la caféine supprimait le gain de force associé à la créatine. En 2016, chez 54 hommes, ni la créatine seule ni son association avec le café n'ont obtenu de meilleurs résultats que le placebo après 5 jours. Quatre participants ont toutefois signalé une gêne digestive légère avec le mélange de créatine et de caféine. Rien ne démontre qu'une consommation quotidienne de café annule les effets d'une dose de 3 à 5 g de créatine. Par précaution, espacez les deux prises de quelques heures pendant une phase de charge.
Quand ne pas prendre de la créatine ?
Consultez votre médecin avant de commencer si vous souffrez d'une maladie rénale, prenez un traitement qui agit sur les reins, êtes enceinte ou allaitez, ou avez moins de 18 ans. Signalez aussi la prise de créatine avant une analyse sanguine, car elle peut augmenter la créatinine, un marqueur utilisé pour évaluer la fonction rénale. Pour les sports d'endurance pure, où chaque kilo compte, les bénéfices restent incertains. Le poids supplémentaire lié à l'eau stockée peut aussi pénaliser les performances, notamment en montée.
Comment bien consommer la créatine ?
Privilégiez la créatine monohydrate, la forme utilisée dans la grande majorité des études, à raison de 3 à 5 g par jour, soit environ 0,1 g par kilo de poids corporel. Mélangez-la à une boisson ou à un yaourt consommé avec un repas contenant des glucides et des protéines, plutôt que de la prendre seule dans de l'eau à jeun. L'association avec environ 50 g de protéines et 47 g de glucides augmente la rétention de créatine d'environ 25 %. Enfin, conservez le même horaire chaque jour, que vous vous entraîniez ou non.

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